Solidarité des gens de mer : passée, présente, à venir...

 

"GENS DE MER"

 

Gens de mer sur la terre entière, tous des marins.

 

Marins de métier, souvent de dur métier.

Marins de plaisance, parfois pas si plaisante que cela.

 

Tous unis par leur solidarité, comme on continue à le dire par tradition.

 

Toujours solidaires devant le malheur, devant la force des éléments dont ils sont tous conscients, OUI, certainement et heureusement.

La SNSM en France ainsi que tous les services de surveillance et de sécurité au large des côtes montrent que cette solidarité, souvent bénévole, existe toujours pour la sauvegarde de TOUS les marins. 

 

Pourtant, cette belle solidarité n’est plus aussi « solide » qu’elle ne le fut dans un passé qui semble, par la force des choses, révolu.

 

Un échange de courriers sur le forum de www.marine-marchande.com m’a interpellée sur ce sujet et a renforcé ma sensation qu’un « fossé d’incompréhensions» s’élargit entre marins de métier et marins de plaisance.

 

Dans les récits de mer datant de 30 ans et plus, on retrouve toujours à un moment de l’aventure et du voyage des échanges chaleureux entre marins de métier et plaisanciers.

On communiquait par VHF pour parler même de la pluie et du beau temps au beau milieu de l’océan, souvent juste pour le bonheur d’entendre une voix, une présence humaine au milieu de l’immensité.

 

Aux escales, on se retrouvait dans les bistrots du port.

Certains ont eu le privilège d’être accueillis à bord de cargos en escale, pour un repas, une soirée, une journée.

 

A cette époque pourtant pas si lointaine, les plaisanciers étaient relativement rares et nombre de ports partout sur la planète  permettaient encore des relations cordiales.

 

Le Café Sport « Chez Peter » à Horta aux Açores a vu passer dans ses murs des milliers de marins de toutes nationalités et de toutes origines, professionnels autant que plaisanciers.

 

 

Le dialogue existait parce qu’il pouvait exister, grâce à la proximité des mouillages d’escale des différents navires d’une part et aussi pour le grand plaisir de retrouver à l’étranger des «pays».

Il régnait une « ambiance » autour des gens de mer, une sorte de force inéluctable qui poussait un marin vers un autre marin, quelque soit sa vie sur l’eau, comme dans une grande famille.

On s’entraidait, on échangeait idées et matériaux…

 

 

Et puis, ces deux mondes se sont « développés » avec une rapidité fulgurante, tout en s’éloignant…


La grande famille s’est éclatée, les uns parqués dans les marinas, les autres très à l’écart la plupart du temps, lors des escales dans les zones portuaires qui leur sont dévolues.

    

 

 

Les navires de plaisance sont très nombreux dans les marinas et naviguent en moyenne assez peu.

 

Au contraire, les navires de commerce et de pêche restent le moins de temps possible dans les ports et sont presque toujours en navigation, rentabilité oblige.

Pour les équipages, consignes de sécurité, escales « éclair » et éloignement du centre des villes ne laissent plus le temps de vivre des rencontres conviviales.

 

Même entre plaisanciers, dans les bars des marinas, dans les gargottes sur la plage au mouillage, ou tout simplement dans le cockpit des uns et des autres, l’ambiance chaleureuse « d’autrefois » se fait rare, où tout le monde partageait ses souvenirs et ses projets.

 

Deux mondes devenus différents aussi par leurs motivations, la taille et la technologie des navires, la responsabilité des uns et des autres, le temps qui coûte pour les uns et qui coule doucement pour les autres…

Il n’y a désormais plus rien de « comparable » entre un navire de plaisance et un navire de commerce… hormis peut-être le sextant conservé sur certains voiliers comme une relique précieuse au fond d’un coffre….

 

Ce « fossé », qui ne cesse de s’accroître  est source de rupture du dialogue, d’incompréhensions de part et d’autre et souvent d’une peur générée par la méconnaissance..

 

On ne se côtoie plus, on ne se connaît plus, on s’ignore souvent… en oubliant que nous utilisons tous le même élément pour nous déplacer : l’eau, notre mère….

 

Incontestablement, les marins professionnels n’ont plus la possibilité purement logistique d’entretenir des rapports avec les plaisanciers lorsqu’ils sont en escale, même s'ils le souhaitent.

Les plaisanciers peuvent par contre de leur côté faire le pas, réinjecter du ciment neuf dans cette vieille solidarité entre gens de mer.

 

En créant des associations d’intérêts communs,

En faisant vivre des sites Internet pour que la communication soit meilleure partout dans le monde, (comme par exemple www.marine-marchande.com),

En entretenant un bon contact avec les médias pour aider à une plus juste information du public…

 

Reconstruire une AMITIÉ SOLIDE entre gens de mer, voilà un joli défi !