Pour
Jean Gabriel TRIDON - MOTTE et tous les Marins des Frises
Septentrionales.Avec
la collaboration de Jean Paul THOMAS.
Un
joli mot de Marine qui ne vient curieusement ni de l'Anglais,
ni du Néerlandais, mais de l'Espagnol ! C'est le mot "CASTILLO"
= "CHATEAU" qui en est à l'origine. Comme en français
le château d'un navire, donc l'accastillage au sens propre,
est composé de l'ensemble des superstructures et des emménagements
au dessus du pont principal, et par extension de toute
la quincaillerie de marine.
Cette
dernière comporte tous les objets, accessoires et ustensiles
spécifiques et techniques, principalement métalliques,
que l'on peut trouver dans l'armement d'un navire. A savoir,
et dans le désordre : crocs et poulies, pièces de gréement,
espars, ancres et chaines, cordages et cables, manilles
et cosses, outillages spéciaux, treuils et cabestans,
chaumards et rouleaux, bittes et taquets, rambardes et
échelles fixes ou amovibles, batayolles et garde-corps,
bossoirs, apparaux divers, etc…
Une
vieille définition surannée, mais non sans charmes, du
dictionnaire de Jules LECOMTE vient éclairer et confirmer
l'origine du mot :
Accastillage.
s. m. Terme d'architecture, de construction navale. L'accastillage
est la partie la plus élevée des deux côtés d'un vaisseau
dans son pourtour. Au-dessus de la charpente lourde et
solide qui forme la coque du bâtiment, viennent s'ajouter
des travaux plus légers en menuiserie qui, revêtus de
moulures, de pièces de bois sculptées, quelquefois de
persiennes, de pilastres, etc., sont pour le navire ce
qu'est à un édifice en maçonnerie tout ce qui s'ajoute
à la cage, suivant les exigences de la destination ou
le goût des propriétaires.
Un bâtiment est
mal accastillé, lorsque le rabot n'a pas uni les pièces
de bois sur lesquelles paraissent encore les traces des
gros outils, ou bien lorsque les parties qui entourent
le pont, comme un parapet, ne sont pas suffisamment élevées
ou qu'elles manquent d'élégance.
Il est bien accastillé
quand le goût et l'entente des nécessités de la navigation
ont présidé aux travaux qui sont restés à exécuter après
la charpente. Accastillage dérive sans doute de castel
ou château, nom que l'on donnait autrefois aux parties
élevées des deux extrémités d'un navire, parce qu'on y
construisait des édifices en charpente qui, semblables
à des bastions, dominaient le bâtiment lui-même, et contenaient
au besoin des combattants.
Peu à peu on
a abaissé et réduit cet accastillage disgracieux à la
vue, pour diminuer l'excès de pesanteur nuisible qu'ils
donnaient au vaisseau, contradictoirement à ses lois d'équilibre.
Aujourd'hui quelques-uns de nos bâtiments, et presque
tous nos vaisseaux, ont conservé seulement à leur arrière
un édifice dont les châteaux d'arrière sont encore le
principe ; mais cet accastillage n'est souvent pas visible
au dehors du navire, caché qu'il est par le parapet qui
ceint le pont du navire ; c'est une construction qui n'a
plus qu'un rez-de-chaussée : les anciens châteaux avaient
un étage, et quelquefois plusieurs galeries. La construction
qui les remplace sur certains navires s'appelle aujourd'hui
dunette.