Les bailleurs de
fonds ou de locaux, comme ceux qui ouvrent
involontairement trop grand leur bouche, n’ont rien à
voir avec la « Baille ».
La « Baille » est le
nom maritime du baquet, voire du seau, pouvant servir à
laver le pont et à de nombreux autres usages, le
contenant pouvant parfois être assimilé au contenu par
métonymie, et vice versa.
Des « Bailles » à
claire voie permettaient de lover les drisses sur les
anciens voiliers. Il y a parfois des poches ou des
filets qui ont le même usage sur les yachts. Les lignes
de sonde, ou de loch, avaient droit elles aussi à leurs
bailles spécifiques.
La baille était en
fait confectionnée à l’origine par paire à partir d’une
vieille barrique devenue inutile que l’on sciait en
deux pour les usages du moment. On entendra parfois
parler de demi bailles… Elles étaient jetées à l’eau
quand, ayant beaucoup servi, elles devenaient à leur
tour inutiles et encombrantes à bord. C’est à les voir
partir ballottées dans le sillage que s’est créée aux
yeux des marins l’image d’un navire malpropre, mal tenu,
mal équipé et mal conduit.
On parle ainsi d’une
« Baille » pour un navire mauvais marcheur, vieux ou qui
prend l’eau. Un navire ou une embarcation de ce type est
donc souvent qualifiée de « Baille pourrie » ! Quant aux
vieux loups de mer ayant passé les 3 Caps à la voile,
ils avaient beaucoup de dédain pour les « Bailles à
escarbilles » (Ou « Bailles à tournebroche ») apportées
par le progrès.
C’est encore le
sobriquet de l’École Navale: on entre à « La Baille »
sur concours dans la « Royale »!
Quant à se foutre à
la baille, ou s’y flanquer, cela signifie tout
simplement se jeter à l’eau dans le plus grand des
baquets qui soit : La Mer !
L’action peut être
volontaire ou involontaire…..
En anglais
:
Baille : Bucket.Tub.
Pail.
Baille à drisses
: Halyard tub.
Baille à loch :
Logline tub.