Dans la Marine le mot « Corde » n’existe pas, à trois
exceptions près :
· La « Corde » de la cloche à signaux (de brume) est
frappée sur son battant, et sert à l’actionner pour «
piquer » les coups.
· La « Corde » peut se dire à la pêche pour une
palangre, ou ligne dormante. On parle souvent de «
Cordiers » pour les petits palangriers.
· Toujours à la pêche, la « Corde de dos » est aussi la
ralingue supérieure d’un chalut.
A ces trois exceptions près toutes les ficelles des
marins sont des « Cordages », des « Filins » ou bien des
« Bout’ » (Prononcer « Boutte » même devant une consonne
ou au pluriel).
On dit UN « Cordage » et DU « Filin ».
Avec les « Cordages » :
· On amarre, on tourne, on frappe, mais jamais on ne
noue ni attache.
· On choque, on file, on largue, on mollit, mais jamais
on ne lâche ou détache.
· On hâle, on embraque, on vire, on étarque, mais jamais
on ne tire.
Les « Cordages » sont en textiles naturels et désormais
le plus souvent synthétiques, ou bien métalliques en
acier, et il existe aussi des cordages mixtes
textile-acier.
Du plus petit au plus gros, les « Cordages » ont des
noms et des usages spécifiques :
· Fil de caret, fil à voile, lusin, merlin, bitord.
· Toron, ligne, drisse, tresse, quarantenier.
· Ralingue, filin, aussière.
· Grelin, câble.
Et tous peuvent s’appeler un ou du « Bout’ » pour un
usage indéterminé. C’est ainsi que l’on peut entendre
dire « Passer un bout’ » pour prendre la remorque d’un
bateau sans que cela s’applique pour autant aux navires
marchands.
En tous cas, le « Bout’ » en Marine ne se rapporte
JAMAIS à un « bout de bois » de quelque nature que ce
soit !
Même si les anciens charpentiers de bord étaient
surnommés « Bout de bois » (Voir LE GLOSSAIRE à
« Charpentier ») ce qui n’a rien à voir sans
l’apostrophe phonétique « ‘ ».
On
rapporte aussi dans les coursives que le mot de
Cambronne en Breton se dirait « Bout’ », mais c’est à
vérifier !
En
Anglais :
Cordage,
Filin, Bout’ : Rope.