Le glossaire maritime par Michel Salvy

 

 

Jeudi 5 mai 2005

" Baptême "
 

 

 

 

 

Le « Baptême » vient du mot grec « Baptizein » qui signifie immerger. Il n’y a pas que les petits enfants ou les catéchumènes que l’on plonge dans l’eau selon des rites d’appartenance, mais aussi les navires quand ils rejoignent leur élément : La Mer.

Le « Baptême » est donc une cérémonie et une inauguration solennelle au lancement d’un navire. On y retrouve les personnalités apparentées au navire (Armateurs, constructeurs, affréteurs, navigants, etc…), un ou des ministres du culte (Ou du gouvernement !) ainsi qu’une Marraine dont le choix peut relever des plus fines stratégies.

L’usage veut qu’en France cette marraine brise une bouteille de champagne sur le brion ou l’étrave du navire en neuvage qui reçoit un nom avant sa mise à l’eau. Le nom de baptême d’un navire marchand - on dit plus simplement son « Baptême » - est inscrit de part et d’autre de son étrave à la proue, et en tableau à la poupe. Le nom du port d’attache ne figure qu’à l’arrière sous le baptême.

Une autre cérémonie maritime est également célèbre sur les navires marchands, c’est le « Baptême de la Ligne ». La dite ligne étant l’Équateur, mais l’usage s’étend aussi aux Tropiques du Cancer et du Capricorne. C’est une coutume burlesque apparentée à une sorte de Carnaval présidé par Neptune, assisté d’Amphitrite son épouse, du Barbier, d’un Juge et de ses assesseurs, plus quelques autres personnages fantaisistes, selon les moyens du bord.

Cet important aréopage admet dans les contrées marines et ultramarines tous ceux, marins ou passagers, qui n’y sont jamais venus, et à qui ils font souffrir un certain nombre d’épreuves de qualification, tels que douches forcées, pluies et interrogatoires divers, barbouillages et casse-croûtes salés... Il est parfois délivré un certificat illustré pour validation de cet évènement unique.

On peut trouver une belle illustration de ce rituel au Tropique du Cancer dans « Le comptoir de Juda » (B.D. « Les passagers du Vent ») se déroulant au 18ème siècle. Mais la coutume a la vie dure puisque le poète Blaise CENDRARS se targuait d’avoir été baptisé 11 fois sur la ligne de l’Amérique du Sud au début du 20ème siècle !

En timonerie, le « Baptême » est aussi la désignation d’un pavillon, portée sur sa gaine et qui se retrouve sur le dessus quand il est correctement ferlé, que l’on retrouve encore en étiquette sur la case correspondante du coffre à pavillons. (Lettre, chiffre, aperçu ou le P.N. du pavillon national). L’usage de la signalisation par pavillons devient obsolète de nos jours.

 

En Anglais :

Baptême
: Name.
 

 

 

Michel Salvy est membre de "l'Académie Marine-marchande.com"

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