Le glossaire maritime par Michel Salvy

 

 

Samedi 21 mai 2005

" Embouquer (& Débouquer). "
Avec la collaboration de Madame Françoise MASSARD & de Monsieur Daniel JEGOU
 

 

 

 

 

Dans peu de temps tombera sur tous les téléscripteurs des agences maritimes et de presse le message suivant : « Ce matin, le cargo désemparé en Iroise a "embouqué" le Goulet de Brest à la remorque de son sauveteur,  le nouveau remorqueur de haute mer ‘ABEILLE BOURBON’… ».

Le mot daterait de 1694 et serait dérivé du latin « Boca » pour « La Bouche ». Le dictionnaire de Monsieur Merrien précise que ce mot est la forme normando-picarde d’ « Emboucher ». D’autres auteurs confirment bien que « Bouque » est la forme picarde de « Bouche ». Il est bien évident que l’ « Embouchure » a même étymologie.

Quoiqu’il en soit, "Embouquer", ou son contraire "Débouquer", signifient pour un navire l’action de s’engager en entrée ou en sortie, dans un chenal étroit, dans une passe resserrée ou entre des jetées, dans une embouchure ou un estuaire de fleuve ou bien encore une rade fermée, en venant de la mer libre, ou en y retournant.

Le "Débouquement" peut plus spécifiquement désigner une route maritime étroite entre des terres, un détroit, comme par exemple celui de Saint Domingue.

Monsieur de Bougainville parle de celui-ci dans son « Voyage autour du Monde », ou il rencontra « un vent favorable de 36 heures » qui le mena « d’une navigation sans mouillage depuis le Port Galant jusqu’au débouquement ».

Le Dictionnaire pittoresque de Marine de Jules Lecomte (1825) fait grand cas des « Débouquemens de Saint Domingue et des Antilles qui sont passages étroits, canaux resserrés, formés par des îles nombreuses, dont la navigation, toujours inquiétante, est pourtant recherchée, parce qu’ils abrègent la longueur et les difficultés de certaines traversées. »

Il précise encore : « Le voisinage de la terre y est dangereux, surtout dans les nuits obscures et venteuses ; Mais on veille ! ; Et par compensation on a l’action des courans et des brises favorables, et l’on a surtout un trajet moins long à parcourir. Ces débouquemens conduisent à une vaste mer, ou les manœuvres deviennent plus libres. On dit d’un bâtiment qui sort enfin de ce labyrinthe de canaux, qu’il est débouqué

 

En Anglais :

Embouquer: To get in the mouth of.

Débouquement :Disemboguement.
 

 

Michel Salvy est membre de "l'Académie Marine-marchande.com"

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