Le glossaire maritime par Michel Salvy

 

 

Mardi 27 septembre 2005

" Sabord "
 

 

 

 

 

« Mille millions de Sabords !!! » s’écriait souvent le Capitaine HADDOCK, emphatique, dans « Les Aventures de Tintin & Milou » bien connues de toutes et de tous. HERGÉ leur auteur reprenait ainsi le juron familier des marins d’opérette, qui n’en comptaient que par milliers seulement, sur les scènes parisiennes de la fin du 19ème siècle.

Les « Sabords » sont avant tout des ouvertures quadrangulaires dans la muraille d’un navire, à l’origine et pour la plupart du temps afin de laisser passer les bouches à feu des canons de marine  pour qu’elles puissent faire leur office, à savoir cracher des boulets.

Il existe plus pacifiquement sur les navires de commerce des « Sabords » de charge, dits parfois « Portelones » sur certains navires spécifiques comme les paquebots ou les fruitiers, mais aussi des « Sabords de coupée » pour faciliter l’embarquement des personnels ou des passagers. On peut aussi trouver des « Sabords de pavois » - ou « Dalots » - pour que l’eau de mer envahissant les ponts des remorqueurs ou des chalutiers puisse retourner là d’où elle vient. Il y eut aussi des « Sabords de soutes » pour embarquer le charbon à l’époque ou celui-ci était le combustible habituel des navires.

Le « Sabordage » - il parait qu’on peut dire aussi « Sabordement » !? - est l’opération qui consiste à pratiquer un sabord dans une coque de navire sous sa ligne de flottaison pour le faire couler. Ceci reste plutôt une tactique militaire qu’un usage habituel au commerce, comme on a pu le voir le 27 novembre 1942 dans le port de Toulon suite à l’invasion germanique du sud de la France…

Très récemment, sous influence écologiste, est apparu le terme d’ « Océanisation » dans le langage politiquement correct pour parler du « Sabordage en haute mer » de vieux navires vétustes. Mais les Écologistes ne sont pas des marins ! Ils auraient pu nous éviter la création de cet affreux barbarisme !

En outre, l’action de faire un trou dans le bordé d’un navire se dit aussi « Saborder »,  et cela peut servir à y entrer ou à en sortir différents apparaux ou machines, lors de réparations par exemple.

L’expression « Saborder » est passée dans le langage usuel des terriens désormais, pour signifier la ruine volontaire d’une entreprise pour la faire disparaître.

 

En Anglais :

Sabord : Port.
Saborder :To scuttle down a ship.
Sabordage :Scuttling

 

 

Michel Salvy est membre de "l'Académie Marine-marchande.com"

Contact

 

 

Retour au sommaire



Site Meter