« Mille millions de Sabords !!! » s’écriait souvent le
Capitaine HADDOCK, emphatique, dans « Les Aventures de
Tintin & Milou » bien connues de toutes et de tous.
HERGÉ leur auteur reprenait ainsi le juron familier des
marins d’opérette, qui n’en comptaient que par milliers
seulement, sur les scènes parisiennes de la fin du 19ème
siècle.
Les « Sabords » sont avant tout des ouvertures
quadrangulaires dans la muraille d’un navire, à
l’origine et pour la plupart du temps afin de laisser
passer les bouches à feu des canons de marine pour
qu’elles puissent faire leur office, à savoir cracher
des boulets.
Il
existe plus pacifiquement sur les navires de commerce
des « Sabords » de charge, dits parfois « Portelones »
sur certains navires spécifiques comme les paquebots ou
les fruitiers, mais aussi des « Sabords de coupée » pour
faciliter l’embarquement des personnels ou des
passagers. On peut aussi trouver des « Sabords de
pavois » - ou « Dalots » - pour que l’eau de mer
envahissant les ponts des remorqueurs ou des chalutiers
puisse retourner là d’où elle vient. Il y eut aussi des
« Sabords de soutes » pour embarquer le charbon à
l’époque ou celui-ci était le combustible habituel des
navires.
Le
« Sabordage » - il parait qu’on peut dire aussi
« Sabordement » !? - est l’opération qui consiste à
pratiquer un sabord dans une coque de navire sous sa
ligne de flottaison pour le faire couler. Ceci reste
plutôt une tactique militaire qu’un usage habituel au
commerce, comme on a pu le voir le 27 novembre 1942 dans
le port de Toulon suite à l’invasion germanique du sud
de la France…
Très récemment, sous influence écologiste, est apparu le
terme d’ « Océanisation » dans le langage politiquement
correct pour parler du « Sabordage en haute mer » de
vieux navires vétustes. Mais les Écologistes ne sont pas
des marins ! Ils auraient pu nous éviter la création de
cet affreux barbarisme !
En
outre, l’action de faire un trou dans le bordé d’un
navire se dit aussi « Saborder », et cela peut servir à
y entrer ou à en sortir différents apparaux ou machines,
lors de réparations par exemple.
L’expression « Saborder » est passée dans le langage
usuel des terriens désormais, pour signifier la ruine
volontaire d’une entreprise pour la faire disparaître.
En Anglais :
Sabord : Port.
Saborder :To scuttle down a ship.
Sabordage :Scuttling