La « Coupée » est en quelque sorte la porte
du navire, à savoir une ouverture pratiquée dans la
lisse, la rambarde, le pavois, voire le bordé du
navire, pour permettre d’y pénétrer et d’entrer sur
un de ses ponts.
L’ « Echelle de coupée », comme son nom l’indique
est donc celle, extérieure, qui y mène depuis un
quai. On la désigne parfois improprement par la « Coupée ».
Cette échelle peut être parallèle par rapport au
bordé du navire, ou quelque peu en biais, si elle
lui appartient et qu’elle est manœuvrée et disposée
par son équipage.
Elle peut aussi venir de terre et est alors souvent
perpendiculaire au navire, notamment dans les gares
maritimes pour paquebots ou ferries.
Les deux types d’échelles de coupée sont garnies de
bataviolles (ou batayoles), de filières garde-corps
et de filets de sécurité pour assurer la sécurité
des personnes qui les empruntent, et qui ne doivent
en aucun cas tomber entre le navire et le quai
d’accostage…
Le gréement des échelles de coupée comporte des
suspentes, des tire-veilles, mais aussi des axes et
des engrenages pour les mettre sur champ au poste de
mer (ou « Canter »).
Des échelles de pilote en cordages peuvent aussi
servir d’échelles de coupée sur les petits navires,
et bien sûr pour prendre les pilotes à la mer.
Une autre définition de « Coupée » concerne
un objet de matelotage. Il s’agit de la « Poulie
Coupée », ou « Galoche ». C’est une poulie dont une
des joues est fendue pour permettre d’y garnir un
garant sans en utiliser l’extrémité pour son
passage. La fente est ensuite refermée par un doigt
à charnière.
Cette idée de maniement facile a donné un sens
métaphorique particulier au terme de « Poulie
Coupée » dans l’argot maritime classique : il
désigne alors la femme (facile) en général, et
souvent le sexe de la femme, par extension !
Du reste, voici seulement 15 ans, il parait que l’on
désignait encore en Bretagne les nouveaux nés de
sexe féminin par le vocable de « poulie coupée »…
En coupant les mots en deux et en en amarrant les
deux extrémités, on retrouve aussi la « Pou – Pée »
que le langage maritime un peu moins trivial préfère
parfois.
Bien entendu, il ne saurait être question de
qualifier ainsi toute la gent féminine, mais
seulement les femmes de mœurs légères que l’on
pouvait autrefois rencontrer dans les bistrots du
coin du quai un peu folkloriques, et qui sont
devenus totalement obsolètes et inexistants dans les
ports industriels modernes.
Quant à la fameuse locution « Rouler une galoche »,
vient-elle de là ? Nul ne le sait !!!