L’ « Abri » vient du latin APRICARI pour « se
chauffer au soleil » ! C’est d’après les
dictionnaires classiques l’endroit ou l’on peut se
mettre à couvert de la pluie, du mauvais temps ou du
danger. C’est aussi l’installation construite pour
se mettre à l’abri, donc hors d’atteinte d’un mal ou
des intempéries.
En marine, en principe l’ « Abri » est plutôt
l’obstacle au vent ou au courant, et non le lieu où
l’on s’abrite. Une anse n’est pas un abri, mais à
l’abri. Une falaise fait un abri au vent.
Par extension langagière on parle cependant d’abri
côtier, ou de rade-abri. D’ailleurs le législateur,
forcément terrien, prévoit des limites
administratives pour les catégories de navigation en
se référant à des distances d’un « Abri ».
Celui-ci est alors un port ou un plan d’eau ou le
navire peut trouver refuge et sécurité en cas de
difficultés techniques ou météorologiques. On les
trouve à l’évidence sur les cartes marines, comme
par exemple la rade très abritée de Brest, ou encore
les « trous à cyclones » comme Marigot Bay à Sainte
Lucie dans les Caraïbes.
Cela soulève un sérieux problème aux apprentis
navigateurs qui se posent la question de savoir si
l’« Abri » dans les textes est permanent ou
variable et soumis à la direction des éléments dont
il faut s’abriter, l’abri pouvant en effet
disparaître en fonction de celle-ci.
Ils ne doivent pas confondre la pratique avec la
réglementation et se conformer à cette dernière sur
le papier, l’expérience leur permettant d’accroître
les possibilités de mettre leur navire en sécurité
dans les limites imparties en fonction du temps.