La grande différence entre « Échouage » et
« Échouement » est que le premier est un acte volontaire
et réalisé dans un endroit réputé non dangereux.
Le second n’est pas stipulé du tout dans les prévisions
de voyage !
On
échoue donc par exemple un navire à la grève pour le
caréner à marée descendante. Certains navires ne se
prêtent pas forcément à ce genre de manœuvre de par
leurs formes ou leurs appendices de coque. Les petits
navires de pêche ou de plaisance peuvent user de
béquilles pour s’échouer droits.
Certains ports à marées, et dits d’échouages, sont
coutumiers du fait. Ils obligent les navires qui y font
escale à se poser sur des fonds généralement vaseux, et
à y faire leur souille. Les prises d’eau hautes pour les
réfrigérants de la machine et des auxiliaires sont
préférables tant qu’elles sont encore alimentées… !
Il est
des pays spécialisés dans la démolition et le
démantèlement des vieux navires ou ceux-ci sont échoués
sur des plages pour être livrés aux mains des
ferrailleurs. Au prix de l’acier sur le marché
international actuel, ce peut être une bonne opération
même si elle n’est pas forcément écologique.
On ne
reviendra pas ici sur le « Grand Tourisme Maritime »
qu’a subi récemment l’ancien porte-avions français
« CLEMENCEAU » aux frais du contribuable hexagonal,
et pour le plus grand bénéfice de compagnies de
remorquage hauturier à pavillons de complaisance ! Il
était initialement destiné à son dernier « Échouage »…
L’ « Échouement »
quant à lui est normalement involontaire, et
généralement réalisé sur un danger repéré sur les cartes
marines, ou bien inconnu des services hydrographiques.
Cependant la dernière aventure du porte-conteneurs « MSC
NAPOLI » sur une plage anglaise était pourtant un « Échouement » :
on lui fit faire côte pour lui éviter de sombrer. Il
avait auparavant subi un précédent « Échouement »
à pleine vitesse sur un banc de sable du Détroit de
Malacca quelques années auparavant.
Lors
d’un « Échouement », par exemple sur une roche,
il n’est pas forcément heureux de battre en arrière
aussitôt, au risque de voir le navire couler encore plus
vite, l’eau s’engouffrant par la brèche. Une expertise
des dégâts au préalable est généralement plus judicieuse
avant les opérations de renflouement.
La
forme verbale est plutôt « Echouer » pour l’ « Échouage ».
La tournure pronominale « S’échouer » est aujourd’hui la
plus courante pour l’ « Échouement ».
En Droit Maritime le mot « Échouement » est
généralement employé pour exprimer un accident de
navigation, classé parmi les sinistres de mer, à
l’instar des naufrages et autres bris de navires.