Le glossaire maritime par Michel Salvy

 

 

Jeudi 19 avril 2007

" Échouage. Échouement"
A la demande de Monsieur Erik MASBERNARD, ancien navigant.

 

 

 




La grande différence entre « Échouage » et « Échouement » est que le premier est un acte volontaire et réalisé dans un endroit réputé non dangereux.

Le second n’est pas stipulé du tout dans les prévisions de voyage !

On échoue donc par exemple un navire à la grève pour le caréner à marée descendante. Certains navires ne se prêtent pas forcément à ce genre de manœuvre de par leurs formes ou leurs appendices de coque. Les petits navires de pêche ou de plaisance peuvent user de béquilles pour s’échouer droits.

Certains ports à marées, et dits d’échouages, sont coutumiers du fait. Ils obligent les navires qui y font escale à se poser sur des fonds généralement vaseux, et à y faire leur souille. Les prises d’eau hautes pour les réfrigérants de la machine et des auxiliaires sont préférables tant qu’elles sont encore alimentées… !

Il est des pays spécialisés dans la démolition et le démantèlement des vieux navires ou ceux-ci sont échoués sur des plages pour être livrés aux mains des ferrailleurs. Au prix de l’acier sur le marché international actuel, ce peut être une bonne opération même si elle n’est pas forcément écologique.

On ne reviendra pas ici sur le « Grand Tourisme Maritime » qu’a subi récemment l’ancien porte-avions français « CLEMENCEAU » aux frais du contribuable hexagonal, et pour le plus grand bénéfice de compagnies de remorquage hauturier à pavillons de complaisance ! Il était initialement destiné à son dernier « Échouage »…

L’ « Échouement » quant à lui est normalement involontaire, et généralement réalisé sur un danger repéré sur les cartes marines, ou bien inconnu des services hydrographiques.

Cependant la dernière aventure du porte-conteneurs « MSC NAPOLI » sur une plage anglaise était pourtant un « Échouement » : on lui fit faire côte pour lui éviter de sombrer. Il avait auparavant subi un précédent « Échouement » à pleine vitesse sur un banc de sable du Détroit de Malacca quelques années auparavant.

Lors d’un « Échouement », par exemple sur une roche, il n’est pas forcément heureux de battre en arrière aussitôt, au risque de voir le navire couler encore plus vite, l’eau s’engouffrant par la brèche. Une expertise des dégâts au préalable est généralement plus judicieuse avant les opérations de renflouement.

La forme verbale est plutôt « Echouer » pour l’ « Échouage ». La tournure pronominale « S’échouer » est aujourd’hui la plus courante pour l’ « Échouement ».

En Droit Maritime le mot « Échouement » est généralement employé pour exprimer un accident de navigation, classé parmi les sinistres de mer, à l’instar des naufrages et autres bris de navires.


 


En Anglais : 

Échouage : Beaching.

Échouement : Stranding.

Port d’échouage : Tidal port.

 

 

Michel Salvy est membre de "l'Académie Marine-marchande.com"

Contact

 

 

Retour au sommaire



Site Meter