L’universitaire Pol CORVEZ nous indique dans « Les mots
nés de la mer » que le mot « Matelot » vient du
néerlandais « mattenoot » signifiant littéralement
« compagnon de matte » (ou de couche), et qu’il est plus
utilisé au Ponant qu’au Levant ou on dit plutôt
« marinier ». Mais le mot « marinier » ne comporte pas
la notion de couple.
Dans l’imaginaire des gens de terre s’égayent parfois
des idées fausses sur l’homosexualité des « Matelots ».
Elles viennent certainement de là, ainsi que de la
notion de « partage du branle » dont il est parfois
question. Le branle n’est que le hamac, lit de toile
suspendu et oscillant au roulis que tout le monde
connaît bien à des titres divers. Les mots sont
redoutables, surtout quand ils sont mal employés ou
déformés.
Il faut pourtant se souvenir que les marins travaillent
par bordées et par quarts, et que l’espace exigu à bord
des navires d’autrefois obligeaient les hommes à n’avoir
qu’un seul hamac pour deux, chacun à son tour y prenant
ses heures de repos ou « quart en bas ».
Les « Matelots » vont donc toujours par deux, et
ils sont complémentaires et associés pour assumer une
même tâche chacun à leur tour.
Le sens du mot « Matelot » s’est ensuite étendu
pour parler de n’importe quel homme de l’équipage non
officier, la règle de la paire ne s’étant jamais
appliquée à l’état major ou à la maistrance. Dans la
Marine Marchande, les « Matelots » sont plutôt
des hommes expérimentés du pont.
Le « matelotage » est la science du gabier, ou l’art de
faire des nœuds.
Quant à la matelote elle était la femme du « Matelot ».
Le mot désignerait plutôt de nos jours les
femmes-matelots, quoique « marinette » tente de le
supplanter, surtout à la Compagnie des Bateaux Gris…
La matelote est aussi plus généralement une sauce au vin
rouge avec des oignons qui accompagne volontiers
certains poissons ou crustacés comme l’anguille ou les
moules.
BON APPETIT !