Le glossaire maritime par Michel Salvy

 

 

Mercredi 21 novembre 2007

" Pilote"
 

 

 

  

Le « Pilote » est avant tout maritime puisque le mot vient du grec « Pêdon » qui signifie « Gouvernail ». Les philologues savants indiquent même que les byzantins disaient « Pêdôtês » pour le « Pilote », et que le mot est ensuite passé au latin sous la forme « pillotus », puis à l’italien « Piloto » avant d’arriver chez nous !

 

Nous oublions souvent l’aspect maritime du mot « Pilote » car « Piloter » c’est donc étymologiquement conduire et mener un navire. Le mot s’est ensuite étendu à toutes sortes d’autres engins, tels qu’avions, automobiles et autres chars d’assaut…

 

Il peut aussi désigner de nos jours une machine qui peut diriger un navire ou un avion sans intervention humaine (Le pilote automatique), ou bien un guide dans une ville inconnue, ou bien encore un exemple (Classe pilote / Ferme pilote). Il y a aussi le (film) pilote pour une émission de télévision, le pilote électronique, le pilote de périphérique en informatique, et j’en passe.

 

Le « Pilote » c’est aussi un petit poisson des mers chaudes de la famille des Acanthoptères qui accompagne les navires, et qui semble parfois servir de guide aux requins. Certains comme le Rémora ont même une ventouse sur la tête qui leur permet de se coller sur leur suiveur et de ne pas trop se fatiguer dans leurs déplacements !

 

Le « Pilotin » n’est pas un petit pilote mais un élève officier non diplômé dans la Marine Marchande.

 

A l’approche d’un port le « Pilote » qui y est rattaché embarque sur les navires pour les guider pendant les manœuvres, tant en sortie qu’en entrée, ou dans les passages délicats (Estuaires, détroits, chenaux…). Il est officiellement chargé d’assister le capitaine, mais ne se substitue pas à lui. Il est l’interface entre le navire, souvent étranger à ses eaux, et les autorités portuaires, les remorqueurs, les lamaneurs ou même parfois les consignataires. Il se fait le plus souvent le premier interprète du capitaine dans ses relations avec toutes ces structures de terre.

 

On peut rencontrer plusieurs catégories de « Pilotes » :

 

  • Les « Pilotes côtiers » qui connaissent à la perfection tous les dangers d’une côte spécifique.

  • Les « Pilotes lamaneurs » qui limitent leurs interventions à l’intérieur du port.

  • Les « Pilotes hauturiers » qui peuvent effectuer des traversées.

  • Les « Pratiques » dans les petits ports secondaires. Ce sont des familiers des lieux qui n’ont pas de titre officiel mais sont à même de guider les navires grâce à leur connaissance et à leur compétence.

 

Comme en mer le « Pilote fluvial » est chargé d’assister le batelier sur les fleuves et rivières dans leurs zones dangereuses qu’il connaît parfaitement dans sa zone d’affectation. Il en est ainsi sur le Rhône et sur le Rhin, par exemple.

 

Les bateliers, tout comme les capitaines de navires de mer, peuvent être dispensés officiellement des services du « Pilote » s’ils sont titulaires d’une licence de pilotage délivrée par les autorités compétentes au vu de leur pratique de l’endroit et de leurs compétences manœuvrières. (Nombre de touchées, et expérience, souvent assortis de l’acquittement de droits parfois réduits…).

 

Le « Pilote » peut aussi être le bateau du « Pilote » (on parle alors de « Bateau-pilote » ou de « Pilotine ») pour rejoindre le navire. Ce peut être encore le livre des instructions nautiques (parfois orné de bien belles gravures) pour les parages fréquentés.

 

Le mot « Pilote » ne doit jamais être employé pour désigner le barreur (ou homme de barre dans la Marine Marchande), et encore moins le capitaine commandant le navire

 


En Anglais : 

Pilote :

Pilot.

 

 

Michel Salvy est membre de "l'Académie Marine-marchande.com"

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