Le Père Noël issu de la tradition du
Saint Nicolas des pays germaniques n’a pas vraiment le
pied marin sur son « Traîneau » tiré par des rennes très
nordiques.
Mais traditionnellement les enfants de
Terre comme ceux des marins qui vont en Mer, ou y ont
disparu, écrivent une lettre de requête à ce bonhomme
célèbre au moment du Solstice d’Hiver.
En voici une bien jolie, parmi beaucoup
d’autres, inspirée à Françoise MOREL (U.F.A.L.M.) par la
dernière rubrique en date du Glossaire :
« J’aimerais recevoir pour Noël
Une paire de jumelles
Non pas frères ou sœurs
Mais celles de la lueur
D’un point flou à l’horizon
Pour en connaître la raison.
Est-ce cargo, un chalutier
Un navire remorqué
Une bouée isolée
Ou un simple voilier?
Est-ce un mirage
Est-ce le nuage
De la cheminée familière
Du navire de mon père?
Elles me diront la vérité,
Ou me feront fabuler.
Mais qu’importe ?
Puisque le rêve elles m’apportent.
Ce sera un beau cadeau
Porté sûrement par un traîneau ! »
Et pourtant le « Traîneau » existe bien
en termes de marine puisqu’on le trouve à la page 623 du
fameux Dictionnaire de Marine des Capitaines de
vaisseaux PÂRIS & De BONNEFOUX de 1855, réédité par les
Editions du Layeur.
«Traîneau : se rapporte au mot Train…..
TRAIN : Un train de bateaux est une
réunion de plusieurs embarcations à la file, et que l’on
remorque dans les rades, rivières ou ports.
Un train de bois se dit de pièces de bois
attachées sur un cours d’eau où elles flottent, et
remorquées par des embarcations, ou halées à la
cordelle, ou qui dérivent avec le courant, et qui sont
dirigées par quelques hommes avec des gaffes et des
avirons.
Un train de mât ou un
Traîneau est une
pièce de bois plate en dessous, mais creusée dans toute
sa longueur en dessus, à peu près comme une Jumelle de
racage ; on s’en sert, dans les arsenaux, comme d’un
Traîneau, pour traîner ou transporter d’un lieu dans un
autre, à l’aide de cordes mais fixées à un bout du
Train, des pièces de mâture qu’on couche dans sa partie
creuse. On lui donne, quelquefois, le nom de Jumelle
… »
Leur collègue Jules LECOMTE a du les
inspirer puisqu’on peut noter dans son Dictionnaire
pittoresque de Marine (1835) :
« Un
Traîneau en bois sert à supporter un
mât, une vergue, ou toute autre pièce lourde qu’on veut
transporter d’un point dans un autre. »
Il y est fait également référence « au
train de bateaux, au train de bois ou au train de
mâture ».
Peu importe, pourvu que le Bonhomme Noël
aux rênes de son « Traineau » apporte à son bord de quoi
nourrir tous les rêves des enfants de marins, comme les
jumelles du poème, des jouets et maquettes de navires,
des objets de marine, des livres nautiques, etc… qui
leur rappelleront que leurs pères sont en mer, même ce
jour là…
Mémoire et respect pour tous les marins
absents en ces Fêtes de fin d’année, et empathie pour
les nostalgies de ceux qui sont sur la mer, comme de
celles de leurs familles.