Évidemment le « Cabillaud » des pêcheurs ou du
poissonnier n’a rien à voir avec celui des
marins !!!
Le nom commun de l’« Eglefin » pêché en hautes mers
froides vient du mot Néerlandais « Kabeljau » tandis
que le « Cabillot » (parfois « Chavillot ») vient du
latin « Clavis » par « Clavicula » pour « Clef » ou
« Cheville ».
Le « Cabillot » est en fait un assez gros bâton de
bois ou de métal (de 50 cm à 1 m de long) qui sert à
tourner les manœuvres sur un navire au pied d’un
mât, ou le long des bordés. Sa partie supérieure
renflée s’appelle la « Tête », tandis que la plus
mince appelée la « Queue » est enfilée dans l’œil
d’une couronne, ou demi couronne, horizontales
fixées sur le pont au voisinage d’une emplanture de
mât, ou le long d’un bordé.
On le trouve tout aussi bien dans les douilles d’un
collier de mât. L’ensemble des « Cabillots » et de
leur monture s’appelle un « Râtelier ».
Dans certaines rixes ou mutineries des vieux mythes
maritimes classiques, le « Cabillot » de râtelier
pouvait devenir une arme redoutable par destination,
à l’instar de nos plus modernes battes de baseball.
Aux « Cabillots » de râteliers on peut rapprocher
les « Cabillots » de boulines ou les « Cabillots »
d’ajut, lesquels sont beaucoup plus petits (quelques
centimètres), ont presque la même forme, et bien
entendu des usages différents.
Ces derniers permettent d’assembler une extrémité
d’un cordage qui en est équipé à l’œil d’un autre
cordage, ou bien à une toile munie d’œillets. Ils
sont de formes symétriques en double cône avec une
engoujure au milieu ou s’estrope le premier cordage.
Enfilés dans l’œil ou dans l’œillet, ils y entrent
aisément en longueur, puis disposés en travers ils
ne peuvent en ressortir sous traction.
Les pavillons nationaux ou de signalisation sont
équipés de « Chavillots » à passer dans l’œil de la
drisse, ce qui leur permet de venir facilement « A
bloc » au ras du réa de la poulie.
Les araignées des hamacs sur les navires anciens
étaient montées à « Cabillots » pour permettre le
démontage aisé des toiles et leur lavage. Il en
allait de même pour la fermeture de certains sacs de
matelots.
On trouve des systèmes similaires en métal ou en
plastique sur certaines toiles de tentes, ou sur les
bâches des camions.
Le Dictionnaire du « Grand Robert » indique que dans
l’argot militaire le « Cabillot » est aussi un
soldat de l’infanterie de marine embarqué !!!
Monsieur Jules LECOMTE dans son Dictionnaire
Pittoresque de Marine (1835) nous explique
pourquoi :
« Les « cabillots », bien alignés, et dressés dans
les râteliers qui les reçoivent, ont fourni aux
matelots l’idée de les comparer à des soldats rangés
en bataille, et de là sans doute le nom de
« cabillots » qu’ils donnent aux militaires ».
Les mariniers usent aussi du terme de « Cabillots »
pour désigner les « Gabiots » ou « Manetons » qui
équipent les « Macarons » des navires fluviaux.
« Être au macaron » signifie dans leur langage :
Être à la barre et par extension, naviguer…
En Anglais :
Cabillot de tournage : Belaying pin.
Cabillot d’amarrage : Toggle pin.
Cabillot de râtelier : Jack pin.