Le glossaire maritime par Michel Salvy

 

 

Mardi 29 janvier 2008

" Cabillot"

Sur une question de Monsieur Pierre MONTAGU
 

 

 

 

Évidemment le « Cabillaud » des pêcheurs ou du poissonnier n’a rien à voir avec celui des marins !!!

 

Le nom commun de l’« Eglefin » pêché en hautes mers froides vient du mot Néerlandais « Kabeljau » tandis que le « Cabillot » (parfois « Chavillot ») vient du latin « Clavis » par « Clavicula » pour « Clef » ou « Cheville ».

 

Le « Cabillot » est en fait un assez gros bâton de bois ou de métal (de 50 cm à 1 m de long) qui sert à tourner les manœuvres sur un navire au pied d’un mât, ou le long des bordés. Sa partie supérieure renflée s’appelle la « Tête », tandis que la plus mince appelée la « Queue » est enfilée dans l’œil d’une couronne, ou demi couronne, horizontales fixées sur le pont au voisinage d’une emplanture de mât, ou le long d’un bordé.

 

On le trouve tout aussi bien dans les douilles d’un collier de mât. L’ensemble des « Cabillots » et de leur monture s’appelle un « Râtelier ».

 

Dans certaines rixes ou mutineries des vieux mythes maritimes classiques, le « Cabillot » de râtelier pouvait devenir une arme redoutable par destination, à l’instar de nos plus modernes battes de baseball.

 

Aux « Cabillots » de râteliers on peut rapprocher les « Cabillots » de boulines ou les « Cabillots » d’ajut, lesquels sont beaucoup plus petits (quelques centimètres), ont presque la même forme, et bien entendu des usages différents.

 

Ces derniers permettent d’assembler une extrémité d’un cordage qui en est équipé à l’œil d’un autre cordage, ou bien à une toile munie d’œillets. Ils sont de formes symétriques en double cône avec une engoujure au milieu ou s’estrope le premier cordage. Enfilés dans l’œil ou dans l’œillet, ils y entrent aisément en longueur, puis disposés en travers ils ne peuvent en ressortir sous traction.

 

Les pavillons nationaux ou de signalisation sont équipés de « Chavillots » à passer dans l’œil de la drisse, ce qui leur permet de venir facilement « A bloc »  au ras du réa de la poulie.

 

Les araignées des hamacs sur les navires anciens étaient montées à « Cabillots » pour permettre le démontage aisé des toiles et leur lavage. Il en allait de même pour la fermeture de certains sacs de matelots. 

On trouve des systèmes similaires en métal ou en plastique sur certaines toiles de tentes, ou sur les bâches des camions.
 

Le Dictionnaire du « Grand Robert » indique que dans l’argot militaire le « Cabillot » est aussi un soldat de l’infanterie de marine embarqué !!! Monsieur Jules LECOMTE dans son Dictionnaire Pittoresque de Marine (1835) nous explique pourquoi : 

« Les « cabillots », bien alignés, et dressés dans les râteliers qui les reçoivent, ont fourni aux matelots l’idée de les comparer à des soldats rangés en bataille, et de là sans doute le nom de « cabillots » qu’ils donnent aux militaires ».
 

 Les mariniers usent aussi du terme de « Cabillots » pour désigner les « Gabiots » ou « Manetons » qui équipent les « Macarons » des navires fluviaux. « Être au macaron » signifie dans leur langage : Être à la barre et par extension, naviguer…

 

En Anglais :

Cabillot de tournage : Belaying pin.
Cabillot d’amarrage
:
Toggle pin.
Cabillot de râtelier
:
Jack pin.

 

 

Michel Salvy est membre de "l'Académie Marine-marchande.com"

Contact

 

 

Retour au sommaire



Site Meter