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Cargo volé au Liberia: manque de suivi de navires-poubelles MONROVIA, 21 mai 2007 (AFP) - Le vol au port de Monrovia, il y a dix jours, d'un cargo en fin de vie et interdit de navigation, illustre le "manque de traçabilité" de navires-poubelles, a dénoncé lundi une association écologique française, accusant l'Union européenne d'en être en partie responsable. Ce cargo - le Tahoma Reefer - mouillait depuis début 2007 dans une zone d'attente près du port de la capitale du Liberia. Il a été volé le 11 mai par une bande armée, puis remorqué vers le large pour une destination inconnue, rappelle cette association, Robin des bois, dans un communiqué transmis à l'AFP. Le bateau, sous pavillon de Saint-Vincent et Grenadines, avait dans un premier temps été vu prenant la direction de la Côte d'Ivoire voisine, puis il a changé de cap et aucune indication n'était disponible sur son sort, selon des sources concordantes jointes à Monrovia. "Le Tahoma Reefer n'a plus le statut de navire (...), donc plus de certificat de navigation depuis septembre 2006. (Il) est en outre exclu du registre international des navires depuis le 5 mai 2007", affirme Robin des bois, en indiquant se fonder sur des "informations sur les navires de commerce dans le cadre des conventions maritimes internationales". Le cargo avait été vendu en septembre 2006 ("283 dollars la tonne") par un armateur estonien pour une démolition annoncée en Inde, dit l'association française de protection de l'environnement. Il a été revendu "il y a deux mois" à un Bulgare pour réparation en Italie avant revente, avant d'être volé à Monrovia, ajoute-t-elle. "Robin des bois voit dans ce piratage une démonstration nouvelle du manque de traçabilité des navires en fin de vie" et "s'étonne qu'un navire dépourvu de certificat de navigation et sans assurance (...) puisse rester à l'ancre au large de Monrovia pendant plusieurs mois", avant d'être revendu puis volé, déclare-t-elle. "L'affaire du Tahoma Reefer éclaire le problème d'abandon de navire ou de la revente de navires sans papiers en Afrique ou en Asie", poursuit-elle, estimant que l'Union européenne "a une bonne part de responsabilités" dans l'immatriculation de ces "navires-poubelles sous pavillon de complaisance". Selon elle, le bateau a été détenu près de deux semaines en novembre 2004 à Anvers (nord de la Belgique), pour "48 déficiences dont plusieurs concernant la sécurité incendie", puis a été laissé libre de partir pour des raisons non expliquées. Le 17 mai, le vice-ministre libérien de l'Information Gabriel Williams avait annoncé que deux Libériens avaient été arrêtés après le vol du bateau. Lorsqu'il a été volé, le Tahoma Reefer avait 500 tonnes de fuel à bord, selon des sources policières libériennes, 200 tonnes selon Robin des bois. (Copyright AFP)
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