|
www.marine-marchande.com |
|
|
Antifer et les géants 30 ans et plus de 500 millions de tonnes traitées par le terminal pétrolier d'Antifer Le 25 juin 1976, un nouveau terminal pétrolier du Havre était inauguré à Antifer avec, le même jour, le baptême du "BATILLUS", supertanker de 554 000 tonnes de port en lourd qui escalera 20 fois à Antifer avant d'être retiré de la flotte en 1983. Depuis cette date, ce port - dont les équipements sont exploités par la Compagnie Industrielle Maritime (CIM) - a accueilli les plus gros tankers du monde. Avec 28,85 mètres de tirant d'eau et 548 248 tonnes déchargées le 4 juillet 1978, le "Pierre Guillaumat" conserve la palme de la plus grosse escale réalisée. Un an après, le 28 juillet 1979, le pétrolier "Nanny", avec ses 79 mètres de large, devient le plus impressionnant. Enfin, deux records tombent le 13 janvier 1995 lors de l'escale du "Jahre Viking" qui, avec ses 458 mètres de long et un port en lourd de 564 650 tpl, reste le plus gros tanker accueilli à Antifer. Dix années pour la réalisation d'un port dédié à l'accueil des plus grands pétroliers Avant d'évoquer les grandes étapes de réalisation de ce port pétrolier, un parallèle peut être fait entre la réalisation du port d'Antifer et celle de Port 2000, ces deux grands chantiers portuaires ayant nécessité dix années d'études et de travaux et un investissement d'un milliard (de francs pour Antifer et d'€uros pour Port 2000). Petit retour de 40 ans en arrière : les premières études concernant la réalisation d'un port pour l'accueil des grands pétroliers au Havre datent de novembre 1966, la décision du Ministère pour une implantation en Baie de Seine intervenant en 1967. Près de trois ans sont ensuite nécessaires pour réaliser les études et que l'Etat prenne en considération l'opération. En 1971, la procédure d'appel d'offres est lancée et les propositions reçues analysées. L'année suivante, les premières reconnaissances géotechniques sont effectuées et un ouvrage expérimental est réalisé, ce qui conduira le jury de concours à choisir la réalisation d'un port à la côte protégé par une digue infranchissable : le site d'Antifer présente l'avantage d'offrir la profondeur d'eau nécessaire (»30 m) à proximité de la côte. Début 1973, la procédure s'achève avec la décision ministérielle de lancer les travaux, l'ordre de service étant immédiatement lancé. Le 1er juin 1975, une première phase de travaux s'achève avec la construction de la digue jusqu'au 1er poste qui est simultanément mis en service, le second l'étant un mois après. Fin 1975, s'achèvent les approfondissements nécessaires à l'accueil des plus gros pétroliers alors en service (les ULCC - Ultra Large Crude Carrier - d'une capacité de 550 000 tpl), qui permettent des économies substantielles de transport par la route du Cap de Bonne Espérance (Afrique du Sud). L'année 1976 est marquée par l'achèvement des ouvrages de protection (en février), l'ensemble des infrastructures étant réceptionné début juillet. Le port est constitué d'une digue de 3,5 km de long, de deux appontements pour supertankers, de 4 bacs de stockage offrant une capacité unitaire de 150 000 m3 - reliés par un pipeline de 26 km aux installations pétrolières de la CIM au Havre -, ainsi que de 35 hectares de terre-pleins. Antifer reçoit près de 20% du pétrole brut importé en France Depuis sa mise en service (escale du "Andros Chryssi" de 283 000 tpl le 17 mars 1976), le Port d'Antifer a connu des variations d'activité. Avec 219 escales et 40,8 Mt traitées, 1979 reste l'année record pour ce terminal pétrolier. A l'inverse, le milieu des années 1980 constitue une période creuse pour Antifer avec environ 40 escales et moins de 7 millions annuelles de tonnes traitées. Depuis le début des années 1990, on constate une reprise de l'activité avec 1 à 2 escales en moyenne chaque semaine, environ 40% du pétrole brut traité au Havre étant opéré à Antifer avant de rejoindre par pipeline les bacs de stockage de la CIM au Havre, où il est ensuite éclaté vers les différentes raffineries. En 30 ans, ce port des tankers géants a accueilli quelque 2 500 navires et un peu plus de 500 millions de tonnes de pétrole (majoritairement à l'entrée, i.e. trafic import). Aujourd'hui, près de 20% du pétrole brut importé en France passe par Antifer. Pour développer l'activité, un duc d'albe a été ajouté au poste Est en 1988 pour permettre l'accueil des navires plus petits. D'autres projets sont aujourd'hui à l'étude pour améliorer l'accueil des tankers mais également pour diversifier les sources d'énergie traitées au Havre. Ainsi, suite à plusieurs manifestations d'intérêt concernant l'exploitation d'une installation de GNL (Gaz Naturel Liquéfié), le Port Autonome du Havre étudie les diverses propositions reçues pour l'implantation d'un terminal méthanier sur le site d'Antifer. (Infos : Port du Havre)
|