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Les ostréiculteurs toujours mécontents de la salinité de la Charente

 

LA ROCHELLE, 24 août 2006 (AFP) - La préfecture de Charente-Maritime s'est montrée satisfaite jeudi des résultats du lâcher début août de 400.000 m3 d'eau douce dans la Charente, afin de faire baisser la salinité du fleuve, alors que des responsables ostréicoles ont estimé que rien n'était résolu "sur le fond".

Le lâcher exceptionnel entre le 8 et le 12 août de 400.000 m3 d'eau douce dans le fleuve, décidé pour répondre aux inquiétudes des ostréiculteurs du bassin de Marennes-Oléron, "a permis d'empêcher une dégradation du milieu marin qui est actuellement favorable à un bon captage (ndlr: opération consistant à récupérer les naissains, larves d'huîtres)", a estimé la préfecture dans un communiqué.

C'est "une goutte d'eau dans l'Océan", a regretté de son côté François Patsouris, président de la section conchylicole de Poitou-Charente, pour qui "absolument rien n'est résolu sur le fond". L'augmentation du taux de salinité du bassin de Marennes-Oléron traduit une baisse de l'apport par la Charente d'eau douce dont les éléments (phytoplanctons, nitrates...) sont nécessaires à la reproduction et à la croissance des huîtres.

Pour M. Patsouris, on observe dans le département "une salinité très élevée" et en conséquence "les conditions de croissance et de survie des naissains (...) ne sont pas réunies". L'origine du problème, récurrent depuis la sécheresse de 2003, viendrait de ce que "l'eau des rivières ne coule plus", a-t-il indiqué en estimant que la ressource "est confisquée en amont, privatisée" et "n'est plus un bien commun", en allusion au partage de l'eau entre ostréiculteurs et agriculteurs.

"J'en veux à l'Etat, pas aux agriculteurs (ndlr: la région Poitou-Charente compte de nombreux producteurs de maïs, culture très irriguée)", a-t-il toutefois précisé. Il s'agit "de modifier les règle de partage", a-t-il poursuivi demandant à l'Etat "de jouer son rôle d'arbitre" entre les différents utilisateurs.

 

(© 2006 AFP)

 

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