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La marine marchande mondiale inquiète face à une pénurie d'officiers

ATHENES, 26 sept 2006 (AFP) - La marine marchande mondiale manque d'officiers, avec un déficit actuellement estimé à 10.000 personnes, ont indiqué mardi plusieurs experts réunis lors d'une conférence à Athènes.

Cette pénurie est plus limitée que ce que les experts prévoyaient en 2000, mais reste préoccupante sur le long terme, avec un déficit qui devrait atteindre 5,9% en 2015, a souligné Stavros Hatzigrigoris, de la compagnie Kristen navigation.

L'âge moyen des officiers est également en augmentation, 40% d'entre eux approchant les 50 ans. Quand à la part des officiers issus des pays développés, elle est en baisse au sein de la hiérarchie maritime face à une relève croissante en provenance d'Europe orientale et d'Asie.

Les participants à la conférence, portant sur "l'élément humain dans la marine marchande", organisée par la société de classification Véritas, ont imputé le problème à une perte d'attractivité de la profession maritime, devenue de plus en plus complexe avec les progrès technologiques. Ils ont aussi mis en cause la "criminalisation" des équipages en cas d'accidents.

"Nous avons un problème pour attirer les jeunes (...), des mesures urgentes sont nécessaires" pour inverser la tendance, a plaidé Nikos Eythymiou, qui préside l'Union des armateurs grecs, à la tête de la première flotte mondiale. L'Association des armateurs norvégiens met pour sa part l'accent sur des programmes de formation d'officiers dans les pays émergents, notamment aux Philippines et en Chine, et mène campagne auprès des lycéens pour leur redonner le goût de la mer, a indiqué sa directrice générale, Marianne Lie.

La crise actuelle doit inciter les armateurs à mieux payer, et mieux gérer leurs équipages, en privilégiant la culture de la sécurité, a de son côté souligné Nic Wilmot, vice président de la compagnie d'assurance Gard AS. "Il y a dix ans, un tel débat était inexistant, désormais nous devons nous intéresser aux intérêts des marins", a-t-il affirmé, déplorant notamment que la mortalité en mer reste élevée, avec 250 vies perdues en 2004, soit un mort pour 3.100 marins par an.

(@ AFP)





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