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Un groupe néerlandais brise le monopole du remorquage en France LE HAVRE, 26 oct 2006 (AFP) - Après des mois d'escarmouches, la Société nouvelle du remorquage du Havre (SNRH), filiale du groupe néerlandais Kotug, a pu commencer à travailler en France, ouvrant ainsi à la concurrence une activité qui était le monopole de fait d'une seule entreprise par port. Le 19 octobre au petit matin, les remorqueurs à coque noire et rouge de la SNRH ont pris en charge le Horncap, un navire roulier battant pavillon libérien venu charger des véhicules. Sans coup férir, les petits navires ont sorti le gros vers le large depuis son poste à quai situé dans l'arrière-port. Ce démarrage s'est toutefois fait dans la douleur et le directeur d'exploitation de la SNRH Pascal Riteau est loin de pavoiser car il a dû accepter l'embauche de 64 officiers et marins pour ses quatre remorqueurs alors qu'il n'en prévoyait que la moitié à l'origine. "Il faut à la fois servir des clients et faire plaisir à la CGT", affirme-t-il, désabusé. L'histoire de l'implantation de Kotug au Havre où la compagnie des Abeilles, filiale de Bourbon, détenait un monopole de fait depuis le XIXe siècle remonte à 1999. La compagnie, présente à Rotterdam (Pays-Bas) mais aussi à Hambourg et Bremerhaven (Allemagne), fait alors une première tentative qui échoue en raison de l'hostilité de la plupart des acteurs locaux. Elle revient à la charge à l'automne 2005 en profitant de la forte incitation de Bruxelles à la libéralisation des services portuaires. Mais l'administration, pressée par le syndicat CGT des Abeilles qui menace de paralyser les ports français si la SNRH ne se conforme pas à la convention collective, traîne les pieds. Il faudra un arrêt du tribunal administratif de Rouen favorable à la SNRH et une intervention du préfet de Seine-Maritime pour débloquer la situation. A l'issue d'âpres négociations, il obtiendra que la SNRH porte ses effectifs pratiquement à la hauteur de ceux des Abeilles, soit 16 hommes par navire. Dès lors, la CGT ne s'oppose plus à la venue de la compagnie. "Nous n'étions pas contre la concurrence mais nous voulions qu'elle soit équitable", assure Yves Peignard, coordinateur des officiers CGT. Mais le syndicat estime toujours qu'il n'existe pas de place pour deux compagnies dans un port français, même dans les principaux, Le Havre ou Marseille. Yves Peignard assure que les besoins en remorquage n'augmentent pas dans les mêmes proportions que le trafic d'un port. "C'est même plutôt le contraire car les navires sont de plus en plus gros et performants mais ne requièrent pas plus de remorqueurs", assure-t-il. Le syndicat craint que les Abeilles ne doivent licencier des équipages, ce qu'exclut la direction qui indique vouloir développer "une politique commerciale agressive" pour contrer la SNRH. Malgré le modus vivendi actuel, les protagonistes restent très nerveux et les faits et gestes de la SNRH sont scrutés avec attention. Le port autonome a ainsi suspendu quelques heures samedi l'activité de la compagnie parce qu'elle avait fait naviguer son remorqueur de secours qui doit impérativement rester à quai pour servir en cas de réquisition liée à un incendie ou à un accident. (@ AFP)
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