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Sous le signe de la vitesse, du portant et de la tactique

 

Paisible… C’est le mot qui vient à l’esprit pour quiconque a côtoyé Michel Desjoyeaux ces derniers jours.

Et sans qu’aucune intention d’intox n’en soit la cause. C’est un marin en pleine possession de ses moyens qui va prendre demain, à 13h02, le départ de la 8ème édition de la Route du Rhum – La Banque Postale.

Sans pression autre que celle qu’il se met sur les épaules, au sommet de son art dans la pratique de la navigation en solitaire (faut-il énumérer de nouveau son palmarès ?) et possédant une parfaite connaissance de son Géant, le tenant du titre est manifestement heureux de prendre la mer.

Il est vrai que les conditions météos prévues pour les premières heures de course – une brise faible de secteur ouest – tend moins l’atmosphère que ne le faisaient les conditions dantesques annoncées pour l’édition 2002.

C’est donc une veillée d’armes débarrassée de bien des angoisses qui se profile pour la dernière nuit à terre des 74 concurrents. Ils devront en profiter pour accumuler du sommeil car si aucune tempête n’est au menu de ce début de course, les conditions de vent portant qui devraient vite imprimer leur marque sur la course promettent manœuvres et vigilance à la barre.

En résumé peu de repos et de temps pour soi car la météo permettra d’aller vite et il faudra en profiter sous peine de rater le bon wagon météo. Un exercice au portant sous geenaker qui n’est jamais simple sur des multicoques aussi rapides que volages. Steve Ravussin s’en souvient encore qui avait abandonné toute chance de victoires à 24 heures de l’arrivée dans un tel type de temps.

Cette première semaine de Rhum devrait donc être une course de vitesse. Mais pas seulement car si la route optimum ne devrait guère différer – en gros il faudra gagner dans l’ouest à la sortie de la manche pour ensuite mettre cap au sud au portant – la tactique sera, elle, importante : « à quelques dizaine de milles près on pourra avoir des vents plus ou moins forts » prévient Michel.

Cette analyse fine Michel la fera heure par heure avec son routeur de The Transat, Jean-Yves Bernot, assisté à cette occasion par Romain Attanasio, Figariste émérite et équipier de Michel depuis deux ans. Tout devrait en tous les cas aller vite puisque les routages voient Géant dans la nuit du 2 au 3 novembre au nord immédiat des Açores, où il pourrait trouver plus de 30 nœuds de vent de secteur nord, le 5 en fin de journée à 1200 milles de l’arrivée et le 8 à Pointe à Pitre !

Une prévision qui, aussitôt faite, mérite que l’on rappelle qu’en mer rien n’est écrit à l’avance. Une chose est sûre : comme pour toutes les éditions, l’histoire de celle-ci promet d’être belle.

Interview Michel Desjoyeaux

« Pour le départ on sera entre deux cellules anticycloniques : une sur la Grande-Bretagne, une autre sur le Golfe de Gascogne. Entre les deux il y aura un petit front. Pour le départ il n’y aura donc pas beaucoup de vent, pas beaucoup plus de 5 noeuds.

A la pointe de Bretagne le vent s’orientera secteur sud. Il faudra gagner vers l’ouest et passer le front généré par une dépression qui circule assez nord. Une fois cet épisode dépressionnaire on va filer cap au sud avec un flux de nord. Après un épisode de calme on pourrait connaître l’un des moments les plus chauds de la course au nord des Açores où le gradient se resserre du fait de la dépression qui est centrée entre les Canaries et les Açores depuis plusieurs jours.

Il faudra être « dedans en permanence » et ce sera assez ouvert. Moins stratégique que tactique car si la route parait claire, il faudra bien choisir son positionnement à chaque fois ».

 

(Infos : Effet Mer)


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