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Accrochez vos ceintures Terminée la régate dans de tous petits airs, place à un rush au vent portant vers le nord des Açores que le nouveau leader Lionel Lemonchois (Gitana 11) pourrait atteindre dès demain soir. Derrière le passage du front ce matin, les trimarans Orma ont empanné et franchement accéléré, sur des moyennes supérieures à 20 noeuds. Le vent de nord-est à est devrait forcir encore cette nuit jusqu'à 30 noeuds, dans une mer formée. Il faudra gérer le risque et la fatigue, à l'entame de la troisième nuit de mer de cette Route du Rhum-La Banque Postale. Chez les monocoques Imoca, après le démâtage du PRB de Vincent Riou et l'abandon du Delta Dore de Jérémie Beyou, Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) allonge la foulée et tient tête à Roland Jourdain (Sill & Veolia) et Jean le Cam (VM Matériaux). Dans les autres classes, des hiérarchies commencent à se dessiner : Crêpes Whaou! de Franck-Yves Escoffier fait merveille chez les multis 50 et il y a un joli duel en tête des Classe 40 entre Dominic Vittet (Atao Audio System) et Gildas Morvan (Oyster Funds). Côté avaries, La Promesse, le monocoque Classe 3 du Hollandais Jankees Lampes a démâté au large des côtes anglaises et se dirige vers Falmouth dans le sud-ouest de l'Angleterre. Loïc Escoffier, sur le multi 50' Deleage et Diazo s'est arrêté à Camaret pour réparer son moteur et envisageait de repartir en soirée. En Classe 40, Marc Lepesqueux (Siegenia-Aubi) a cassé le safran bâbord et abandonne. En classe 3, Didier Levillain fait route vers la Bretagne pour tenter de réparer son moteur. Mais pour les 70 solitaires encore en course, la nuit va être sportive. Multicoques 60' Orma : Lionel Lemonchois nouveau leader Les trimarans Orma ont passé le front tôt ce matin, ont tous empanné, et se retrouvent dans du vent portant qui va en forcissant. Cela leur permet de foncer sur la route vers le nord des Açores, qu'ils devraient atteindre dès demain soir ! Seule la houle contrarie la glisse, mais ça va déjà vite. À l'attaque sur Gitana 11, Lionel Lemonchois vient de prendre la tête, 11 milles devant le Géant de Michel Desjoyeaux. Le passage du front ce matin a été "sportif", confie Yvan Bourgnon"mais maintenant on est au portant sous gennaker, à 22-23 noeuds, jamais au-dessous de 20." Les multis Orma sont désormais sur des moyennes supérieures à 400 milles par jour. "Jusqu'ici on a eu droit de la régate dans le petit temps. Maintenant, c'est du sport au large dans la tradition du Rhum", note le directeur de course, Jean Maurel. "Dans ces conditions-là, avec de la houle, les risques d'enfournement voire de chavirage sont une donnée avec laquelle il faut composer. Certains vont prendre plus de risques que d'autres, il faudra savoir où placer le curseur." Lionel Lemonchois, lui, attaque fort. Au pointage de 16h, le navigateur de Gitana 11 a pris la tête, devenant ainsi le cinquième leader de cette Route du Rhum-la Banque Postale en trois jours après Cammas, Desjoyeaux, Bidégorry et Bourgnon. Et Lemonchois affichait de loin la moyenne la plus rapide : 24 noeuds sur les quatre dernières heures, contre 19,2 noeuds pour Michel Desjoyeaux, (2e sur Géant à 11 milles), et 22,7 noeuds pour le 3e Pascal Bidégorry (Banque Populaire, à 42 milles). Sur cet indicateur, seul Yvan Bourgnon était lui au-dessus de 20 noeuds de moyenne, les 8 autres multis Orma n'atteignant pas 19 noeuds. "Il y a des petits camarades qui appuient sur le champignon, mais j'ai décidé de rester prudent", expliquait Pascal Bidégorry à la vacation, point de vue largement partagé par Franck Cammas, qui avouait un mauvais choix de voiles et du terrain perdu la nuit dernière et constatait : "il y a de la prise de risque autour, mais il faudra savoir lever le pied pour tenir le rythme". Tenir le rythme, gérer la fatigue et ne surtout pas faire d'erreur de pilotage : la météo annonce jusqu'à 30 noeuds d'est et une houle formée cette nuit. Monocoques Imoca : Jean-Pierre Dick résiste Leader depuis le premier matin de course, Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) résiste à la pression de Roland Jourdain (Sill et Veolia), qui n'a que 6 milles de retard, et à celle de Jean Le Cam (VM Matériaux), à 27 milles. Ce trio-là a creusé l'écart avec le peloton de poursuivants relégués entre 40 et 70 milles, et encore plus avec les trois derniers qui pointent à plus de 120 milles derrière. A 13-14 nœuds de moyenne, les vagues déferlent sur le pont et les milles défilent en direction des Açores. Jean-Pierre Dick reconnaît ne pas beaucoup dormir, alors que Roland Jourdain a enfin réussi à enchaîner six tranches de sommeil de 20 minutes. Derrière, Dominique Wavre a connu un petit problème de dérive qui lui a fait perdre plusieurs heures hier. Quant à Vincent Riou (PRB), il a atteint vers midi Port-La Forêt suite à son démâtage lundi soir au sud des Scilly. Monocoques Classe 40 Après les 36 premières heures passées dans des vents aléatoires le long des côtes Bretonnes, les 25 Classe 40 de cette 8e édition de la Route du Rhum - La Banque Postale filent désormais entre 10 et 14 noeuds vers le sud-ouest. Dominic Vittet (Atao Audio System), situé le plus au nord-ouest de la flotte et Gildas Morvan (Oyster Funds) se livrent une belle bagarre. Seuls 2,4 milles séparaient les deux hommes au pointage de 16 heures. " Les bateaux sont très étalés mais les écarts ne sont pas très importants. Il ne faut rien lâcher ! ", commentait Vittet lors de la vacation ce matin. Olivier Rabine, sur IXSEA, se mêle bien à la lutte. En revanche Marc Lepesqueux (Siegenia-Aubi) abandonne : son safran babord s'est brisé dans une collision avec un ofni. Multicoques Classes 2 et 3 Le Crêpes Whaou ! de Franck-Yves Escoffier continue sa course en tête sans un regard vers l'arrière, son objectif étant de laisser dans son sillage quelques trimarans Orma et c'est d'ailleurs déjà chose faite pour Madinina. Son fils, Loïc sur Deleage & Diazo a gagné le port du Conquet pour réparer la pompe à eau de son moteur. Plus de 200 milles séparent déjà Crêpes Whaou ! de Le Bon Marché Rive Gauche, skippé par Anne Caseneuve. En classe 3, Ross Hobson sur Ideal Stelrad mène la flotte des trois trimarans de sa catégorie. L'Anglais se dit épuisé par les manœuvres incessantes des premières 48 heures, mais se réjouit de la bonne marche de son bateau. Une petite quinzaine de milles séparent Ideal Stelrad de Switch.fr. Monocoques Classe 1, 2 et 3 - En monocoque Classe 1 : Pierre-Yves Guennec, le steward d'Air France, mène le jeu. Depuis le passage de la bouée du Cap Fréhel, Jeunes Dirigeants a gardé le contrôle de la flotte. L'écart qu'il avait creusé avec son ami Arnaud Dhallenne (TAT Express) est en train de s'amplifier rapidement: le patron de l'association Pen Duick, à moins de 10 milles du bateau en aluminium à 8 heures ce matin, était à 23 milles à 16 heures. - En monocoque classe 2 : maintenant que le vent est redevenu fort et stable, l'Américain Kip Stone profite du potentiel de vitesse de son Artforms : il a repris la tête pour 10 milles devant le Vedettes de Bréhat Cap Marine de Servane Escoffier. - En monocoque classe 3 : à moins de 15 milles de Michel Kleinjans sur Roaring Forty, l'actuel leader de la classe 3 en monocoque, Régis Guillemot sur Hallucine, ne lâche rien. Les trois autres concurrents encore en course (La Promesse a démâté) sont relégués à plus de 100 milles de la tête, des écarts qui devraient encore grandir avec l'arrêt au stand de Didier Levillain (A fond contre la spondylarthrite). Celui-ci rencontre des problèmes de moteur et s'est dérouté vers l'Aber Wrac'h sur la côte nord du Finistère. Les échos du large Pascal Bidégorry (Banque Populaire) : "J'ai empanné parmi les premiers, c'est un choix stratégique, en solitaire et en multi tu n'empannes pas dans 20 noeuds de vent juste pour voir! Pour l'instant, ça 'tartine', quand tu es à la barre tout va bien mais il faut rester vigilant, car l'accident est vite arrivé. Depuis le départ, on ne s'est pas ménagé, alors j'essaie de rester prudent. Il y a des petits camarades autour de moi qui ont appuyé sur le champignon, mais ce n'est pas trop grave : il faut d'abord durer." Franck Cammas (Groupama):"Je n'ai pas très bien négocié cette nuit de course, je crois que j 'ai fait une petite erreur de choix de voile et j'ai perdu un peu de vitesse jusqu'à ce matin, ce qui ne fait jamais plaisir, mais ça va. Il fait un peu froid, on a de la houle de face et ce n'est pas très agréable d'empanner dans ces conditions. Autour de moi, il y a des prises de risques, mais je préfère lever le pied car il va falloir tenir le rythme qui est déjà assez élevé.Le seul endroit où j'ai pu dormir un peu c'est au poste de barre et on est donc un peu fatigué." Yvan Bourgnon (Brossard):"J'avais deux choix possibles, jouer le système de l'anticyclone des Bermudes ou bien rester dans le système actuel et c'est ce que j'ai choisi, je joue la sécurité. Cette nuit ça a été exceptionnel, j'ai fait toute la garde-robe du bateau dans le passage du front et maintenant je suis à 22-23 noeuds sous gennaker. J'ai été impressionné par les capacités du pilote automatique, qui tient très bien le bateau. J'ai fait une pointe à 35 noeuds... j'ai même utilisé une fois mon système de largage d'urgence de la voile d'avant, pour gagner 3 secondes et ça a très bien fonctionné. Ma position? Je suis bien content d'être là, avec cette météo, car Brossard aime bien la glisse. C'est sport, ça se passe bien, je ne descends plus au-dessous de 20 noeuds et ça va durer. Préparez vite vos valises, j'ai l'impression qu'on ne va pas traîner en route!" Roland Jourdain (Sill et Veolia) : « Jean-Pierre (Dick) a bien joué car il a contourné l'endroit tendancieux… Ensuite, il fallait aller chercher vers l'Irlande un front qui arrivait sachant que l'anticyclone dans le sud Bretagne nous empêchait de passer. (…) On vient de passer une nuit sympa en essayant de tirer le maximum avec toujours un peu de prudence. Ce matin, sous génois, j'ai retrouvé mon petit Sill et Veolia en pleine forme, comme je l'aime ! je n'avais pas dormi la première nuit, et la deuxième, j'ai enchaîné six fois 20 minutes de sommeil. Mon premier vrai sommeil depuis le départ ! » Jean Le Cam (VM Matériaux), joint à 13h : « En ce moment, il faut envoyer sur les manœuvres ! C'est le gendre de manœuvre que, lorsqu'on est 5 à les faire à bord, on croit que ce n'est pas possible à faire seul ! Cette nuit, c'était vraiment très humide car c'était du reaching avec de l'eau, de l'eau, et de l'eau… Tu restes dans le sas et tu joues avec le pilote suivant l'allure et ce dont tu as besoin. Ça avance bien depuis hier soir mais le passage du front a quand même été difficile… Là, c'est plus soft ! » Marc Guillemot (Safran), joint à 13h : « Je me suis pas mal accroché pour sortir de cette situation entre Ouessant et l'Ile Vierge. J'ai dû pas mal manœuvrer depuis pour adapter le bateau aux variations de vent, mais j'ai pu me reposer, bien manger… Je pense revenir un peu sur mes camarades. En mono, on a plus le temps de réfléchir qu'en multi… Avec les vents soutenus que l'on a eu, je ne suis pas sûr que j'aurais pu me reposer comme je l'ai fait en trimaran ! C'est beaucoup moins stressant et j'apprécie ! » Thibaut Derville (Cap Vad) : " Je ne sais pas ce qui ce serait passé si je n'avais pas mouillé à l'île de Batz. Il semble en effet que j'ai perdu du temps mais j'ai surtout pris une très mauvaise option hier soir. J'ai foiré le coup intégral ! Résultat, je ne suis plus trop dans la match mais mon but est avant tout d'arriver au bout. " Lionel Régnier (FNAIM Pays de Loire) : " Le moral est bon, la vitesse aussi. Les deux premières journées de course ont été fatiguantes à cause de la pétole et des cargos. Maintenant, on est sur l'autoroute, c'est parti pour au moins deux jours de tout droit : que du bonheur ! On a même droit à un peu de soleil et ça fait du bien." Ian Munslow (Bolands Mill) : " La nuit dernière j'ai vu Dominic Vittet. Je suis content d'être 4e et si bien entouré mais mon classement ne me surprend pas tant que ça. Mon bateau est rapide, il accélère très vite dès que le vent rentre et c'est prometteur pour la suite. " Yvan Noblet (Appart City) : " Actuellement, je navigue sous grand voile un ris et solent et je savoure. Etonnement, je ne suis pas fatigué même s'il a fallu être dessus tout le temps. J'ai réussi à dormir quatre heures et demie par 24 heures depuis le départ donc tout va bien. " (Infos : Rivacom)
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