Queen Mary 2: la cour pointe les manquements du concepteur de la passerelle
RENNES, 26 mars 2009 (AFP) - La cour d'appel de Rennes, qui examine depuis lundi l'effondrement d'une passerelle du Queen Mary 2 ayant fait 16 morts et 29 blessés en 2003, a pointé jeudi les manquements d'Endel, le constructeur de l'ouvrage, qui persiste à incriminer une "surcharge" comme cause du drame. Premier prévenu appelé à la barre jeudi, Olivier Chauveau, le dessinateur de la passerelle, a été particulièrement malmené par la cour. Même après trois heures d'audition, il n'en démord pas: "Aujourd'hui encore, je suis persuadé qu'il y a eu surcharge sur la passerelle par rapport à ce pour quoi elle avait été conçue et vendue". Il lui est notamment reproché ne pas avoir fait faire de "note de calculs" permettant de s'assurer de la solidité de la passerelle. Un document qu'il a reconnu ne pas avoir été en mesure de produire lui-même à l'époque, faute de qualification. Même son de cloche durant l'audition de Mickaël Le Scao, chef de chantier d'Endel en 2003, spécialisé dans la conception d'échafaudage mais habitué à "dessiner des choses simples". Malgré plusieurs négligences pointées par la cour, il assure: "Mon travail a été fait correctement". Quant au coordinateur de travaux d'Endel Fabrice Guitteny, qui s'occupait principalement des plannings, il ne se reconnaît aucune responsabilité technique dans les défaillances de la passerelle. "C'est au chef de chantier d'en référer au bureau d'études", rétorque-t-il à la cour. "C'est jamais la bonne personne qui vérifie, ils ont tous bien fait leur travail... C'est vraiment du n'importe quoi!", s'exaspère Marlène Cassar, l'une des parties civiles, qui a perdu son mari, son frère et plusieurs de ses amis dans le drame. Malgré ces faux-fuyants, Yves Violette, président de l'association des victimes, estime que "les choses avancent". "La défense d'Endel a été très fortement ébranlée" grâce au "travail extrêmement méthodique, précis et approfondi" de la cour, dit-il.
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