Homme libre toujours tu chériras la Mer

www.marine-marchande.com

"Des nouvelles de Jean-Gab" - le mercredi 15 janvier 2003

 

Un tout petit mot d'abord. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je m'appelle Jean-Gabriel Tridon-Motte.

Mettre au point une rubrique demande du temps et des infos. Je n'en ferai donc sûrement pas toutes les semaines mais je traiterai de thèmes divers liés parfois à l'Allemagne, notre voisin si mal connu que beaucoup de personnes assimilent à un passé sombre, qui est la troisième puissance économique mondiale comme chacun sait et notre premier partenaire européen.

Vos suggestions et idées seront toujours les bienvenues.

jgab-tmotte@voila.fr

 

LES DEFAUTS DU NOUVEL ENSEIGNEMENT MARITIME

 

 

 

Bonjour à tous,

A l'approche de mes examens qui commencent ce jeudi , donc de mes révisions, je voudrais traiter dans ces quelques lignes de ce que j'appelle l'aberration du nouveau système de l'enseignement maritime dans la Marine marchande en Allemagne.

Le programme STCW impose, comme chacun sait, un programme d'enseignement minimum qui entraîne l'enseignement des mêmes matières en un nombre d'heures minimum, officiellement, afin de garantir un niveau international de formation correct, en tout cas suffisant pour assurer une certaine sécurité maritime.

Comme chacun sait, les pays maritimes de l'Europe et les autres qui cultivent une tradition de la mer ont depuis longtemps établi un niveau d'enseignement reconnu, qui s'est construit au cours du temps. Cette convention STCW semble donc plus faite pour les pays novices ou éventuellement " douteux " que je ne citerai pas ici.

Là ou mon désespoir se prononce, c'est lorsque je vois que l'Allemagne a choisi, semble-t-il, le camps des paresseux. Nous suivons à la lettre le programme international, ce qui est normal, mais nous suivons également rigoureusement le nombre d'heures. C'est ainsi que nous n'apprenons à utiliser un radar qu'en un semestre, à raison de 2 heures de cours par semaine. Lorsque vous avez la chance d'avoir un bon vieux prof de 65 ans qui vous apporte son savoir, fruit d'une expérience de plus de 30 ans de navigation, là ça motive, mais le pauvre, lui aussi, est obligé de boucler son programme en faisant avec le nombre d'heures imposé.

Et c'est là le fond du problème. Nos profs sont bons et tous d'anciens navigants mais doivent " tracer ", aller au plus direct car on n'a pas le temps de s'arrêter sur un thème bien précis Autre exemple, le cours de manœuvre. Il dure 2 semestres, à raison lui aussi de deux heures par semaine. Enfin, le cours de navigation. Celui-ci s'étend sur plusieurs semestres, heureusement, mais lui aussi, n'a pas droit à plus de 2 heures par semaine en moyenne. N'est-ce donc pas aberrant, quand on sait que les élèves allemands sont monovalents ? Qu'est ce que ce serait alors en Allemagne avec un tel système si nous étions polyvalents ??!! Ferions-nous une heure de chaque matière pont et une heure de chaque matière machine.

Quid avec la France ? Je serait intéressé de le savoir. Mais pour faire bien peut-être, on nous apprend des matières savantes, telles que la thermodynamique, la mécanique des fluides, l 'économie, l'électrotechnique…, en soit intéressantes, mais qui nous sont enseignées de manière plus soutenue que les matières " maritimes ".

Où sont donc les priorités ?? Les armateurs ont-ils besoin d'ingénieurs ou d'officiers ? Ce que je dis, se passe également en Belgique et il doit sûrement en être ainsi en France.

Conclusion, on doit apprendre en peu de temps des tonnes de polycopiés (environ 30 par cours pour certains d'entre eux). Qu'en reste t-il finalement ? Je n'ose le dire ! On se retrouve donc confrontés à faire de la quantité et non de la qualité et le niveau des écoles européennes a dû en prendre un sacré coup si vous me permettez l'expression, afin de mettre tout le monde au même niveau, puisque finalement les inégalités doivent disparaître.

Mais sont elles combattues dans le bon sens ? Pourquoi abaisser le niveau en abaissant donc la qualité ? Pourquoi descendre la barre ? Pourquoi ne pas en monter plutôt le niveau ? Pourquoi ne pas avoir aligné le niveau international sur celui des écoles des pays à tradition maritime ? Pourquoi avoir choisi le " moyen " et non pas le " bon " ?

Quand je regarde les cours de navigation du père d'un de mes amis, je suis impressionné : cela avait tout simplement de la gueule ! Même si la génération STCW semble préserver la bonne réputation de ses anciens, ces questions restent ouvertes. Ce qui pourrait signifier que le métier s'apprend définitivement en mer et non sur les bancs d'école. Mais qu'on aille pas se plaindre ensuite que les " Junior Offiziere " tout juste sortis de l'école ne savent rien faire à bord alors qu'ils ont passé quatre ans dans une école de navigation.

C'est l'initiative personnelle de chaque élève et son envie d'apprendre qui lui donnent les connaissances !!

Sur ce, bon vent !!

 

 

 

Jean-Gabriel Tridon Motte, élève à l'école de navigation d'Oldenbourg, Allemagne

 

jgab-tmotte@voilà.fr

 

Archives - articles

 

France-Allemagne, état des lieux de deux nations maritimes

La marine marchande suisse ? Jawohl !!

Le terminal portuaire du superlatif

Ni morts, ni vivants, marins

Le problème des émissions de NOx par le transport maritime mondial

 

 

 

 

RETOUR AU SOMMAIRE

 

 


 

drapeau

drapeau

drapeau

drapeau

 

Site Meter