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A bord du Peking
Senator
Ceux qui naviguent sur
des porte-conteneurs savent bien qu'on peut avoir été cent fois
quelque part et n'en avoir rien vu.
6 escales à Hong Kong à
mon actif et tout ce que j'en vu était une rue commerçante de
Kowloon. C'est à dire absolument rien. Le seul dépaysement étant
que tout était écrit en Chinois et que les gens avaient les yeux
bridés. C'est tout.
Ayant la chance cette fois
d'être avec des officiers qui ont, eux, compris que les embarquements
en tant qu'élève sont les premiers et les derniers où l'on peu
profiter un peu des escales, j'ai donc pu me rendre encore en
ville mais seul, cette fois. L'odyssée commence mal car je me
retrouve déposé par la navette portuaire au bord d'un complexe
autoroutier vraiment complexe où les taxis ne peuvent naturellement
pas s'arrêter. Je demande alors mon chemin à quelques chinois
qui ne parlent pas un mot d'anglais et qui tentent de m'indiquer
la direction par des gestes quelques peu imprécis.
Et si même ils parlent l'anglais,
la plupart ont un accent si prononcé qu'il ne sert à rien de chercher
à comprendre, il suffit de dire : " oui, merci, j'ai compris "
d'ailleurs, il s'agit là d'une spécificité asiatique très usitée
à bord! dire " oui " même si on ne comprend rien " yes, no problem
my friend " Pour vérifier si on vous comprend, il suffit de demander
l'heure qu'il est. Si, accompagné d'un sourire gêné, la réponse
est " oui ", rien ne sert de continuer! J'ai déjà fait passer
le test. Certains ont échoué !
Bref, je réussis enfin à
trouver le métro mais la banque ne peut pas me changer de monnaie.
Je me décide donc à une petite marche à pieds qui me mène à une
voiture de taxi dont le chauffeur comprend… l'anglais !! Je pensais
que tous les Hong Kongais parlent l'anglais. Mais je présume que
beaucoup de chinois ont immigré dans ce paradis lors de la rétrocession.
Un des Chinois qui était à bord pour nous vendre ses bricoles
m'avait écrit le nom d'une adresse en cantonnais dont il m'assura
que je ne serais pas déçu.
Toujours est-t-il que je
me retrouve à nouveau dans la rue commerçante dans laquelle j'avais
atterrie trois ans auparavant. Je demande au chauffeur de continuer
jusqu'au terminal de croisière. J'y trouve deux somptueux paquebots
de la compagnie malaise (je crois) Star Line. Et surtout, je vois
de nombreux petits bateaux se diriger vers les grattes-ciel de
l'île d'Hong Kong. Après hésitation, je décide de monter à bord
de l'une de ces embarcations à faire frémir SOLAS. L'île n'est
qu'à 10 minutes de navigation. Ça vaut le coup.
Après une navigation risquée
(car les chinois ne semblent pas connaître leurs règles) je peux
enfin déambuler entre ses buildings. Hong Kong est beaucoup plus
resserré que Singapour à cause du relief montagneux. La ville
s'étend en longueur et non en largeur me semble-t-il. De plus,
il y a beaucoup de monde et c'est parfois légèrement étouffant.
A ma grande surprise, je découvre derrière le petit jardin de
Hong Cheung, de vieilles demeures et la cathédrale St John, rescapées
de la grippe moderniste qui a touché la ville. Des buildings se
construisent encore. C'est à celui qui sera le plus haut, le plus
impressionnant. Alors se retrouver dans un coin à échelle humaine
ne fait pas de mal, je dois le reconnaître.
C'est fou, ce qu'un endroit
peu avoir comme charme dès lors qu'il y a de belles arcades en
pierre et quelques palmiers. Et le silence surtout. Le silence.
Le calme. Je continue de me promener. Je rencontre quelques européens
dont le visage et l'allure me laissent à penser qu'il s'agit d'anglo-saxons
ou d'Américains. Je cherchais un restaurant où déguster des spécialités
locales mais n'étant pas dans le quartier pour cela, j'ai dû me
replier sur…un Mc Donald. La honte ! Ça vaut le coup d'aller à
l'autre bout du monde pour finir dans un " fast food ".
Mais comme à toute chose
malheur est bon, j'ai le plaisir de constater que rien n'est gras.
Mis à part le hamburger bien sûr : les employés nettoient automatiquement
les tables dès qu'elles se libèrent et entre temps le sol et les
toilettes. Le plus étonnant, c'est qu'ils sont habillés très élégamment!
Hélas, pris par le temps, comme d'habitude, il est tant de se
diriger à nouveau vers les ferries.
De retour à Kowloon, je
recherche un taxi. Après avoir été abordé par un sorte de Fakir
égaré qui m'a promis une longue vie jusqu'à 97 ans en lisant ma
ligne de vie sur la mauvaise main, je découvre à ma grande déception
tout un tas de restaurants chinois. Un taxi attend juste à côté
et je préfère ne pas le laisser filer. Le chauffeur, un homme
assez âgé ne comprend pas un mot de ce que je lui dit. Il me fait
entrer en contact avec la centrale de taxis qui tente de lui traduire
la direction dans laquelle je souhaite aller. Bref, en essayant
de lui sortir le nom en chinois, il semble comprendre au bout
de la 15ème fois.
Pourvu que nous allions
dans la bonne direction. Oui, merci Seigneur ! le problème maintenant,
c'est de trouver le bon Pier. Le taxi me dépose devant un bâtiment
que je n'avais jamais vu mais qui semble appartenir à mon terminal.
A peine arrivé, je dois circuler. Un agent se dirige vers moi
m'envoie dans une direction dont je ne comprends pas le nom. Je
reviens sur mes pas, il s'énerve, parle en agitant son bâton de
circulation. Je préfère lui dire que je sais où me rendre. Je
pars donc dans une direction inconnue, croise un employé du port,
lui demande où se trouve mon terminal. Il n'en a aucune idée.
Le choix, se fixe entre repasser devant mon agent au bâton, au
risque de me faire enguirlander, ou de continuer tout droit le
long d'un mur de barbelés. Peu engageant me direz vous. Mais c'était
le bon choix.
J'ai reconnu de loin les
jets d'eau des pompiers, arrosant un container de produits chimiques
qui avait pris feu dans la matinée. Une escale vraiment intéressante
et qui me fait dire que les temps très courts à quai ne sont pas
finalement une mauvaise chose car ils permettent de se faire une
idée du lieu, quitte à revenir ou non. C'est d'autant plus vrai
chez les gens qui n'aiment pas s'éterniser quelque part et découvrir
des endroits différents le plus possible.
Nous voilà en route pour
Osaka après être sortis du port, ce qui tient parfois du miracle
à Hong Kong tant le trafic est important. Les caboteurs chinois
plus particulièrement, ont la mauvaise habitude de frôler et de
couper la route. Ces marins sont fous. Même les pilotes le reconnaissent
!
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