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"Des nouvelles de Jean-Gab" - le lundi 30 août 2004

 

Un tout petit mot d'abord. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je m'appelle Jean-Gabriel Tridon-Motte.

Mettre au point une rubrique demande du temps et des infos. Je n'en ferai donc sûrement pas toutes les semaines mais je traiterai de thèmes divers liés parfois à l'Allemagne, notre voisin si mal connu que beaucoup de personnes assimilent à un passé sombre, qui est la troisième puissance économique mondiale comme chacun sait et notre premier partenaire européen.

Vos suggestions et idées seront toujours les bienvenues.

jgab-tmotte@voila.fr

 

 

Photo Pierre Hébert

Le dilemme du pavillon français.

 

Tout le monde s'accorde sur le triste fait que le marin français coûte trop cher.

En effet, la marine marchande en Europe vit dans une époque de crise qui semble bien irréversible : de plus en plus de marins moins exigeants en terme de salaires (pour prendre cet exemple) et bien souvent de niveau d'études égal au notre, soyons honnêtes, représentent un bénéfice supérieur dans un secteur de l'économie soumis à la bien nommée « concurrence insoutenable ».

Alors que faire ? La première solution serait de supprimer la marine marchande française, qui sans marin français ou presque ne fait plus aucun sens dans l'esprit de certains. Dans ce cas, le principe d'un « noyau » de navires contrôlés par des armateurs français se devant de maintenir des échanges commerciaux, minimums vitaux aux intérêts de la France en cas de conflit et/ou de crise seraient touché.

Mais dans le monde du XXIe siècle ultra-libéraliste ou l'on ne sait plus vraiment qui contrôle quoi et ou commencent et finissent les intérêts étrangers et nationaux, on est en droit de se demander si cet argument, à consonance protectionniste dans une Europe pacifique, non menacée, tient toujours la route.

La deuxième solution, c'est le Registre International Français (RIF), mal accepté par les marins car il réduirait le nombre obligatoire de français à bord de navire battant notre pavillon à 2 personnes : le Commandant et son suppléant. Or certains y voient là l'occasion de supprimer grand nombre de postes chez les officiers français et craignent ainsi une sorte de conséquence similaire à celle expérimentée avec l'apparition du Registre français bis des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), toujours en vigueur, qui évita certes dans un premier temps un dépavillonnement sans précédent mais qui entraîna la disparition de l'écrasante majorité du personnel d'exécution français au profit des marins du Tiers-Monde.

Néanmoins, voyant que le système de Registre international adopté depuis quelques années par nos voisins a fonctionné sans vraiment menacer les emplois existants, l'idée est tentante. Sans rentrer dans les débats de couvertures juridiques/sociales différentes entre marins français ou étrangers ou dans le débat « RIF = complaisance », on se retrouve confronté à un problème élémentaire et peut-être bien rédhibitoire, et par lequel il faut commencer. Celui de l'Europe. Ou plutôt de sa Constitution qui naîtra sûrement à coup de césariennes.

Il serait en effet anti-constitutionnel ? Donc interdit - d'imposer à un armateur un cota de français sous pavillon français puisque les Européens sont tous égaux en droits, dont celui de travailler chez l'armateur européen de son choix sans être desservi par sa nationalité. Cela nous mène donc à la troisième possibilité : la création d'un pavillon européen. L'Europe telle qu'elle est en voie d'être construite, va non pas être confédérale mais un seul et même espace d'échange. C'est à dire qu'il sera un jour peut-être archaïque de parler de France, d'Allemagne ou de République Tchèque.

Il y aura un pays, l'Europe fédérale. On dit que l'union fait la force. Finalement, un pavillon européen permettrait peut-être un meilleur recrutement de marins appartenant à un même espace économique et politique s'étendant de l'Armorique jusqu'aux Pays Baltes et de la pointe nord de la Norvège jusqu'à Chypre ?

Néanmoins de nombreux problèmes ne seraient pas résolus, tel que celui du nombre accru de nationalités européennes à bord, ne se comprenant que par une langue commune bien souvent approximativement maîtrisée, l'anglais; ce qui risquerait d'affecter le niveau de sécurité en mer.

A moins que les chargeurs un jour se décident à affréter des navires avec des marins plus cher ! Le coût assure théoriquement la qualité. Ces quelques lignes sont très superficielles et ne représentent q'une gouttelette d'eau dans cet océan inconnu que représente ce sujet. Mais elles soulèvent déjà quelques problèmes de base. Rien est simple. Tout reste à faire.

Alors bon courage ! Et pourvu que des décisions justes soient prises et qu'on ne se perdent pas en discussions et débats interminables. Ça urge!!

 

Jean-Gabriel Tridon Motte, élève à l'école de navigation d'Oldenbourg en Allemagne

est membre de "l'Académie Marine-marchande.com"

 

jean-gab@marine-marchande.com

 

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