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Photo Pierre Hébert
Le dilemme du pavillon
français.
Tout le monde s'accorde
sur le triste fait que le marin français coûte trop cher.
En effet, la marine marchande
en Europe vit dans une époque de crise qui semble bien irréversible
: de plus en plus de marins moins exigeants en terme de salaires
(pour prendre cet exemple) et bien souvent de niveau d'études
égal au notre, soyons honnêtes, représentent
un bénéfice supérieur dans un secteur de l'économie soumis à la
bien nommée « concurrence insoutenable ».
Alors que faire ? La première
solution serait de supprimer la marine marchande française, qui
sans marin français ou presque ne fait plus aucun sens dans l'esprit
de certains. Dans ce cas, le principe d'un « noyau » de navires
contrôlés par des armateurs français se devant de maintenir des
échanges commerciaux, minimums vitaux aux intérêts de la France
en cas de conflit et/ou de crise seraient touché.
Mais dans le monde du XXIe
siècle ultra-libéraliste ou l'on ne sait plus vraiment qui contrôle
quoi et ou commencent et finissent les intérêts étrangers et nationaux,
on est en droit de se demander si cet argument, à consonance protectionniste
dans une Europe pacifique, non menacée, tient toujours la route.
La deuxième solution, c'est
le Registre International Français (RIF), mal accepté par les
marins car il réduirait le nombre obligatoire de français à bord
de navire battant notre pavillon à 2 personnes : le Commandant
et son suppléant. Or certains y voient là l'occasion de supprimer
grand nombre de postes chez les officiers français et craignent
ainsi une sorte de conséquence similaire à celle expérimentée
avec l'apparition du Registre français bis des Terres Australes
et Antarctiques Françaises (TAAF), toujours en vigueur, qui évita
certes dans un premier temps un dépavillonnement sans précédent
mais qui entraîna la disparition de l'écrasante majorité du personnel
d'exécution français au profit des marins du Tiers-Monde.
Néanmoins, voyant que le
système de Registre international adopté depuis quelques années
par nos voisins a fonctionné sans vraiment menacer les emplois
existants, l'idée est tentante. Sans rentrer dans les débats de
couvertures juridiques/sociales différentes entre marins français
ou étrangers ou dans le débat « RIF = complaisance », on se retrouve
confronté à un problème élémentaire et peut-être bien rédhibitoire,
et par lequel il faut commencer. Celui de l'Europe. Ou plutôt
de sa Constitution qui naîtra sûrement à coup de césariennes.
Il serait en effet anti-constitutionnel
? Donc interdit - d'imposer à un armateur un cota de français
sous pavillon français puisque les Européens sont tous égaux en
droits, dont celui de travailler chez l'armateur européen de son
choix sans être desservi par sa nationalité. Cela nous mène donc
à la troisième possibilité : la création d'un pavillon européen.
L'Europe telle qu'elle est en voie d'être construite, va non pas
être confédérale mais un seul et même espace d'échange. C'est
à dire qu'il sera un jour peut-être archaïque de parler de France,
d'Allemagne ou de République Tchèque.
Il y aura un pays, l'Europe
fédérale. On dit que l'union fait la force. Finalement, un pavillon
européen permettrait peut-être un meilleur recrutement de marins
appartenant à un même espace économique et politique s'étendant
de l'Armorique jusqu'aux Pays Baltes et de la pointe nord de la
Norvège jusqu'à Chypre ?
Néanmoins de nombreux problèmes
ne seraient pas résolus, tel que celui du nombre accru de nationalités
européennes à bord, ne se comprenant que par une langue commune
bien souvent approximativement maîtrisée, l'anglais; ce qui risquerait
d'affecter le niveau de sécurité en mer.
A moins que les chargeurs
un jour se décident à affréter des navires avec des marins plus
cher ! Le coût assure théoriquement la qualité. Ces quelques lignes
sont très superficielles et ne représentent q'une gouttelette
d'eau dans cet océan inconnu que représente ce sujet. Mais elles
soulèvent déjà quelques problèmes de base. Rien est simple. Tout
reste à faire.
Alors bon courage ! Et pourvu
que des décisions justes soient prises et qu'on ne se perdent
pas en discussions et débats interminables. Ça urge!!
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