
LE LIBERTE (ex Europa)
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Embarquez à bord du "Colombie"
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Paquebot acier
Lancé à Hambourg, le 15 Aout 1928 (Blohm & Voss)
4 hélices, 2 mâts, 2 cheminées
Longueur : 285,52 m
Largeur : 31m
Creux : 19 m
Jauge brute : 51.839 tx (fin 1950)
Port en lourd : 10.420 t
Déplacement : 57 800 t
Tirant d’eau : 10,46 m
4 groupes de turbines à engrenages
105 000 cv
12 chaudières Thorny Crops modifiées
dont 2 à double façade et 9 simples
Vitesse : 28,99 n
800 passagers de première classe
300 passagers de classe touriste
600 passagers de troisième classe
Service à la compagnie : 1950-1962
"L’Europa" (l’ex-vainqueur du Ruban Bleu,en 1930) fut attribué à la France
en mai 1946, au titre des dommages de guerre,
et quitta Brême le 11 juin sous les couleurs françaises.
Le nouveau nom de baptême de l’Europa donna lieu à controverse.
En effet, le prestige du navire et les circonstances de l’époque imposaient
un nom hautement symbolique : on proposa donc Lorraine, France,
ou bien encore Libération.
Ce fut le ministre des Travaux Publics qui trancha finalement
en faveur de Liberté. Le Liberté, donc arriva au Havre,
son nouveau port d’attache, le 28 juillet 1946, pour y subir
les réfections rendues nécessaires par plusieurs années d’inactivité.
Le 8 novembre 1946, une violente tempête éclata et le grand paquebot
rompit ses amarres dans le bassin Théophile-Ducroq.
Partie à la dérive, la coque se déchira sur les restes du Paris.
Les remorqueurs ne purent lui porter secours,
gênés par les multiples épaves qui encombraient les eaux du port.
Le Liberté s’enfonça dans le bassin avec une forte gîte.
Mais la marée baissant, le navire qui reposait sur le fond se redressa,
ce qui permit son renflouement. Remis à flot le 6 avril 1947,
le paquebot entra en forme 7. Il en sortit le 7 novembre et,
le 11, quitta Le Havre pour Saint-Nazaire.
Il fut alors entièrement transformé.
Les ingénieurs de Penhoët débarquèrent quatre chaudières avant
et ramenèrent la puissance des machines à 85 000 chevaux.
La décoration fut entièrement repensée, adaptée au « goût français ».
Plusieurs motifs décoratifs, rescapés du Normandie,
reprirent une nouvelle vie sur le Liberté.
La reconstruction du paquebot fut émaillée de nombreux incidents.
En octobre 1949, une bouteille d’acétylène explosa à bord
et l’incendit qui suivit détruisit les cabines du pont A.
En janvier 1950, un arbre porte-hélice de 30 tonnes s’abattit sur un échafaudage,
tuant deux ouvriers. Enfin le 17 août 1950, le Liberté pris sont premier départ pour New York.
Il y reçut l’accueil le plus enthousiaste depuis l’arrivée du Normandie.
le 5 septembre 1950, il se dérouta pour recueillir un blessé du vapeur italien Grifone.
Le 8 septembre 1953, quittant Le Havre par brume épaisse,
il s’échoua dans le chenal, mais put être renfloué à la marée suivante.
En janvier 1954, on profita d’un arrêt technique pour surélever ses cheminées
Le 8 février 1956, on dut annuler un départ à la suite d’une avarie de turbine.
Le 26 décembre 1957, à la sortie de la Manche, deux énormes lames s’abattirent sur l’avant,
défoncèrent le panneau de la cale 1 et tordirent trois mâts de charge.
Le navire dut revenir au Havre pour réparations.
Le 27 juin 1959, il apporta une assistance médicale au cargo français Thésée,
et le 15 mai 1960, c’est un malade du Norvégien Jarosa qui bénéficia de ses secours.
Le mois suivant, il recueillit un autre blessé, sur le navire-météo US Delta.
Le 28 janvier 1961, à la sortie du Havre, le paquebot fut drossé par le vent contre Le Moyne d’Iberville,
accosté quai Johannes-Couvert. Le 19 septembre 1961,
il se dérouta pour secourir une des stewardess du cargo norvégien Topeka.
Le 16 novembre 1961, il arriva au Havre, terminant son dernier voyage.
Au cours de sa carrière, sous les couleurs
de la Compagnie Générale Transatlantique, le Liberté avait effectué
deux cents voyages et transporté plus de quatre cent mille passagers.
Son périple de 1 316 000 milles représentait trois fois
la distance de la Terre à la Lune.
Le Liberté avait été unanimement apprécié de la clientèle.
Les célébrités qui l’empruntèrent en avaient fait
le rendez-vous de l’élite internationale,
dans la grande tradition de la Transat.
On envisagea quelque temps de l’utiliser comme hôtel flottant,
mais le projet fut rapidement abandonné, et le Liberté finit vendu
pour la démolition, en janvier 1962. Au cours de son dernier voyage
qui l’emmenait vers la fin,
il croisa émouvante coïncidence le "France"
qui effectuait sa première croisière inaugurale.
Page réalisée par Eric Jégou