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Monsieur Silhouette
Sur les mers, des cargos magnifiques
retiennent l'attention des marins qui les croisent. D'autres,
plus ou moins beaux, ne passent pas inaperçus, mais ne
laissent pas de traces durables.Un regard, et le silence,
c'est tout.
Un cargo possède une âme pour le
marin qui y embarque. Quand il a disparu, il reste des
souvenirs, vivants, souvent inaccessibles aux non initiés.
" c'était un bon bateau." " Il était dur, on en a bavé
à bord." "Ah oui, j'ai connu untel à bord du Washington.
Il tenait rudement bien la mer ce bateau." "Le Calyménée,
on a toujours eu de bons cuisiniers à bord." "Ca monsieur,
les Liberty, c'était quelque chose." "Ce navire, il était
loupé, mais on a passé de bons moments à bord." Ensuite,
les souvenirs rejaillissent, mais jamais le bateau n'est
absent des sensations, bonnes ou mauvaises, qui s'accrochent
encore au coeur des marins qui parlent de leur métier.
Les navires marchands sont vus
également de terre par des familiers, des poètes, des
employés d'armateurs, des enfants, des inconnnus, des
familles de marins et leurs amis de passage et par les
marins eux mêmes. C'est dans un port que l'on peut le
mieux juger de la ligne générale d'un navire et des détails
qui feront dire : " C'est un navire magnifique ". Un marin
de mes amis, passionné par les navires de charge, pensait
qu'il n'y avait rien de plus beau au monde qu'un cargo
sortant du port, emmenant avec lui tous nos rêves. L'émotion
débute au port. cet ami magnifique, marin jusqu'au bout
des ongles, avait cessé la navigation, et avait choisi
le métier d'instituteur de la République. Les enfants
de sa classe de septième, chaque fin d'année scolaire,
sentaient drôlement l'eau salée. Parmi ses grandes joies
d'enseignant, il y avait ces quatre marins qui lui envoyaient
des photos de navires croisés par le leur, partout dans
le monde. Ces jeunes marins attrapèrent la passion de
naviguer, par hasard, à Paris dans une classe de septième.
Cet amoureux passionné de la mer
et des navires, établit son classement des navires français.
C'était un spécialiste de l'esthétisme maritime, un expert
en beauté, lui qui ne pouvait s'empêcher de trembler devant
un cargo qu'il jugeait trop beau ou trop émouvant. D'ailleurs,
les photos qu'il prenait pour sa collection, en gardent
à jamais la trace, elles sont très souvent floues.....le
flou de l'émotion. En souvenir de lui, que l'on nommait
"silhouette" à bord des cargos, car il reconnaissait n'importe
quel navire de très loin, voici une partie de ses préférés.
Salut l'artiste.
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ALGERIE
Un
ancien tour du mondiste de la compagnie de transports
océaniques
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BOREE
Petit
bananier, ventru, rapide et particulier de forme.
Pas tout à fait une ligne de yacht comme
les "Fort" de la Transat, mais un petit
bananier à la forme du cargo
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CHAMBORD
Les
quatre 33.000 tonnes de la BP étaient beaux
de ligne. Ils n'étaient surpassés
que par les pétroliers de l'Auxi-navi.
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CHARLES
LD
Construit
aux Chantiers de la Loire, un magnifique "Dreyfus".
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ESMERALDA
Les
magnifiques dames de l'Auxinavi", dont l'Esméralda,
un exemple de pureté de ligne.
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DAPHNE
Pour
lui, un trois îles, à vapeur, cargo
ou charbonnier, c'était plus beau qu'un grand
voilier.
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EUGENIO
C
Il
aimait bien la France, mais son navire à
passagers préféré, c'était
lui.
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LA
QUINTA (ex Louis LD)
Navire
vagabond classique de l'après-guerre et déjà
moderne, il passa le Cap Horn le 23/10/1949
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VILLE
DE TANANARIVE
Cargo
mixte de la Havraise, aux couleurs uniques, Tous
les navires de la Havraise étaient élégants
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VILLE
DE STRASBOURG
Cette
série sortie de la Ciotat, d'un type
similaire au type Léonce Vieljeux,
possédait une étrave et un bulbe
qui les rendaient très fins.
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jbillard@club-internet.fr
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