La rubrique de Jérôme Billard

 

Le mercredi 12 juin 2002

Jérôme Billard, ancien navigant de la marine-marchande, est passionné par l'histoire de la flotte de commerce et de ses navires. Photographe, il collabore à de nombreux ouvrages consacrés à ce thème.

 

Nouvelles.

 

Le travail sur la plage arrière, durant les opérations d'amarrage est dangereux. Sur l'avant, pareil, mais d'autres taches incombant aux marins pèsent sur leurs épaules d'un lourd poids.

Nous savons tous, que marins et officiers continuent à apprendre le matelotage. Des dizaines de noeuds, exécutés les yeux fermés, tous ayant leur utilité, avec des solidités variables, mais précis, faciles et sans faille, servent à repérer le bon marin. Une échelle de pilote se doit de rester en place pour l'embarquement et le débarquement. Sur certains navires douteux, ou sur de beaux navires aux jeunes équipages, j'ai souvent remarqué que le pilote, sans en avoir l'air, vérifiait les noeuds adoptés pour la mise en place de l'échelle. Sage précaution, surtout sur un cargo sur lest!

Tout cela, c'est de la gnognote, comparée à la seule vraie responsabilité en matière de noeuds, utilisé pour une implacable manœuvre, dont l'issue malheureuse serait fatale au membre de l'équipage qui échouerait dans sa mission. J'en ai encore froid dans le dos, rien qu'en vous en parlant. Les noeuds, science exacte, arrivée jusqu'à nous, intacte, de marins en marins, science fiable et facilement assimilable, comme si les marins la possédaient de façon innée.. Et pourtant, dans certains cas rares, le noeud prévu fait douter le marin.

Une improvisation visant à donner une solidité plus grande encore à l'ensemble, nait dans l'esprit. L'enjeu vital qui modifie les perceptions, les réflexes, voilà un danger réel. Par exemple, le bout reliant un simple seau, devient au niveau de l'anse, un tas de ficelles inadmissibles.

Je revendique le droit à la sécurité maximale et à l'improvisation positive, pour une meilleure solidité. La manoeuvre dont je parle ayant lieu sur rade, avant la montée à bord du pilote par l'échelle se prépare à l'avance. Qu'elle se termine en fiasco, et votre nom figurera, à jamais, sur le grand livre des mauvais marins de la compagnie. J'ai toujours réussi cette manoeuvre redoutée à l'approche des rades. J'en suis aussi fier que d'avoir passé le Chenal du Four de nuit, c'est vous dire. La récompense consiste en des yeux reconnaissants sur le visage des collègues, comme rarement on en voit.

Après , le bord se calme pour un bon moment. Les marins restent dans leurs cabines, d'autres attendent fébrilement de pouvoir la rejoindre. Plus rien ne compte. Le commandant comme les hommes, attendent, anxieux, la fin de l'opération.

Un seau au bout d'une corde descendu le long de la coque, qui doit remonter en douceur, et dans lequel le pilote dépose les nouvelles en provenance du pays.Une ancre engagée n'est rien, à coté du sceau retombant dans la mer avec son contenu...

Bon vent, bonne correspondance, et à la semaine prochaine

jbillard@club-internet

 

©2002 - Jérôme Billard (reproduction interdite)

EXXON VALDEZ

Les opérations de sauvetage de la cargaison

photo USCG

 

USS COLE

L'USS COLE, va être mis à bord du Blue Marlin, une vision inhabituelle.

Photo USCG

 

 

 

 

 

 

 

 

La Mar Mar, la marine marchande française de 1914 à nos jours.

 

 

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