![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
La rubrique de Jérôme Billard
Le mercredi 11 décembre 2002 Jérôme Billard, ancien navigant de la marine-marchande, est passionné par l'histoire de la flotte de commerce et de ses navires. Photographe, il collabore à de nombreux ouvrages consacrés à ce thème.
"Raz de marée de parole" La marée noire relance les affaires de certaines organisations et les politiques gesticulent... On propose, accuse, attaque. Ce n'est pas nouveau. en réponse à ce délire de phrases, j'apporte mes histoires courtes. -=- Aujourd'hui un paquet est arrivé au courrier. L'ingénieur d'armement est content. Les trois techniciens travaillant sous le contrôle et avec l'agrément de la société de classification ont terminé leur travail. Un long travail puisqu'ils étaient embarqués sur un de leur pétrolier depuis trois semaines. Trois semaines de mesures d'épaisseur de coque, avant la visite des cinq ans au chantier. L'exigence de la côte donnée au navire à la construction. Beaucoup d'argent, sécurité oblige, dépensé. Il est content aussi car le calculateur qui compile les données du rapport prouve que l'entretien du supertanker est bien suivi par le bord. Pas de tôles à changer. Le siége de cet armement est situé à Paris, les pétroliers portent le pavillon Kerguelen. "Armateurs de France" est content. Un de ses membres ne respectait pas tout à fait pour une partie de sa flotte les us et coutumes. Certains de ses équipages étrangers ne touchaient pas les minima ITF, le syndicat mondial des transports. La simple peur de l'exclusion de cet armement du syndicat des armateurs de France a fait revenir vite fait la brebis égarée à des pratiques "ITF" Le capitaine d'armement de cette compagnie française armant des navires sous pavillon Kerguelen vient de gagner son pari : Treize inspections sérieuses cette année pour son navire le plus récent, quatre ans. Presque une à chaque escale, et il ne compte pas les inspections de routine. Il préfère en rire.... -=- Pour avoir de bons équipages, il faut bien les payer. En plus de salaires supérieurs aux minima dont nous parlions, la garantie accident et maladie existe à bord. Nous avons un bosco indien en arrêt depuis dix mois suite à un blocage du dos, qui touche son salaire bien sur. Nous essayons de fidéliser nos marins, et nous y arrivons, la majorité demande à rembarquer chez nous. Au fait, nous payons également les heures supplémentaires !, comme tous les armateurs affiliés aux "Armateurs de France" cinq déficiences sur un navire neuf après une inspection c'est presque certain, un document oublié, une boite de biscuit de survie, une ampoule cassée, un passeport périmé...... Nous pensons sérieusement à embarquer des officiers chargés de la paperasse à plein temps, et exemptés du quart. -=- Je ne sais pas combien de navires naviguent dans le monde, 25.000 ? Je sais que la liste bien noire des navires à éviter c'est moins de soixante dix. ITF, les spécialistes, parlent de moins de quarante armateurs pirates.
Savez vous que l'épaisseur des tôles d'un double coque est plus faible que celle d'un simple coque ? Il y a 1,25 millions de gens de mer dans le monde, au commerce. dont 33% d'officiers. Grille accord ITF, pour 2001:
Plus assurance maladie et accident à bord gratuite - logé et nourri. Ramené aux salaires moyens des pays, "est-ce l'officier français le plus riche ou l'officier indien monsieur ?" Il n'y a pas de doute que nos équipages indiens sont des gens qui rentrent riches au pays. Et vous savez bien entendu que nos officiers français explosent la grille ITF et que la pénurie menace. "Armateur de France" ne sait pas commmuniquer ! -=- J'ai terminé ce texte dans le TGV Saint-Nazaire/Paris, qui, je dois vous le dire est parti et arrivé à l'heure! Faites de cela ce que vous voudrez, moi, ça me fait un grand plaisir de vous le dire. Bon vent et bons amalgames.
©2002 - Jérôme Billard (reproduction interdite)
LES ARCHIVES
|