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La rubrique de Jérôme Billard
Le mercredi 18 décembre 2002 Jérôme Billard, ancien navigant de la marine-marchande, est passionné par l'histoire de la flotte de commerce et de ses navires. Photographe, il collabore à de nombreux ouvrages consacrés à ce thème.
"Ne rêvez pas" Les décisions prises par les gouvernement français, espagnols, portugais et italiens pour bannir des cotes d'Europe les pétroliers de plus de quinze ans à simple coque rencontrent des oppositions au sein même de cette Europe, mais ça vient, on y viendra, et plus vite qu'on ne le pense. Les associations d'armateurs asiatiques refusent ces dispositions. Jérôme Billard aussi, il aurait voulu le bannissement des plus de dix ans, afin de rouvrir les chantiers de Blainville, redevenus spécialistes de la construction des pétroliers comme dans les années vingt. Vous voyez, chacun a de bonnes raisons ! Les armateurs asiatiques s'en remettent à des textes anciens qui prévoyaient 2015 comme date butoir pour ces mesures. Règle 13 g de la convention internationale pour la prévention des pollutions maritimes marpol annexe 1, en 2015 aucun navire citerne simple coque ne devra naviguer. Donc si j'ai bien compris, les Asian Shipowners, Chine Taiwan, Japan et Malaisie voudraient ne rien changer, c'est à dire attendre 2015, pour avoir le temps de récupérer les doubles coques, qui seront alors des navires poubelles, pas chers, et continuer leurs lucratives et dangereuses activités. En attendant, les Etats côtiers d'Europe doivent tenir compte de ce fait, et mettre en oeuvre des moyens appropriés de secours, de refuges, d'aide, une espèce de marine assistance accessible 24H/24, et gratuite. Ben voyons. Bon, vous me direz, on se fiche complètement de l'Asian shipowner, c'est vrai ! Cependant, profitons de ces publications pour durcir le ton. Si vous ne voulez pas comprendre, imposons. On nous parle sans cesse de la raison d'Etat, j'aime mieux les raisons de l'état. Vous voulez venir chez nous, traverser nos mers, et bien d'accord, mais à nos conditions et tant pis si ça bouscule certaines entités sises à Londres, obsolètes et réformables. Ces gens nous demandent de prévoir des ports refuges pour leurs navires en difficulté avec des facilités d'assistances. Mais c'est symptomatique la réactions des armateurs asiatiques. Tout prévoir pour que leurs navires déficients ou non, puissent continuer à naviguer chez nous. C'est la guerre économique, serrons les boulons. Faisons sortir de Brest nos navires de guerre en état de naviguer et contrôlons les navires, en mer, sans cesse. Pour les amoureux des belles photos de navires rouillés, avec soleil se couchant sur la coque aux mille reflets, il y a des adresses, et pas besoin d'être expert espagnol helitreuillé et spécialiste en soudure par force 6 pour les reconnaître. Pour les photographes, le plus chouette et le plus proche et le plus foisonnant en bateaux rouillés, mal entretenus et vieux, c'est Anvers. Y a qu'à se servir! Quant aux ports refuges pour navires en avarie normale et accidentelle, sans coques aux morceaux manquants, ils existent déjà messieurs les armateurs asiatiques, avec des remorqueurs de haute mer pour vous aidez à y entrer, ils s'appellent Dunkerque, Calais, Boulogne, Dieppe, Antifer, Le Havre, Cherbourg, Brest, Saint-Nazaire, La pallice, Le Verdon et Bayonne. Pas mal, mais c'est réservé aux navires intègres au niveau de leur coque. On a bien dit intègres ! Les navires fuyant de toute part, aux tôles disjointes ou manquantes, on n'en veut pas. pour eux, il n'existe aucun port refuge. On en a marre, out, exit, dehors, C'est bien compris ? Pour nous, ils n'existent plus. Dès aujourd'hui qu'ils aillent se faire couler ailleurs ! Pourquoi des ports refuges pour des navires qui n'existent plus. Dure, dure, la vie d'armateurs asiatiques et des autres qui ne sont pas fédérés autrement que dans des organisations internationales sises à Londres et dont les jours sont certainement comptés. Les belles années sont finies, pour vous aussi. J'espère que je ne rêve pas. Nous sommes sur la bonne route. Alors bon vent, et à la semaine prochaine, pour Noël.
©2002 - Jérôme Billard (reproduction interdite)
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