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La rubrique de Jérôme Billard Le mercredi 6 avril 2005 Jérôme Billard, ancien navigant de la marine-marchande, est passionné par l'histoire de la flotte de commerce et de ses navires. Photographe, il collabore à de nombreux ouvrages consacrés à ce thème.
"La ville où les bateaux sont dans les rues"
Le long des quai sans fin, des centaines de bateaux, tous dissemblables, en bois, en matières plus modernes, quelques uns avec des mâts, la plupart à moteur, bougent doucement. Des centaines de bateaux reliés à des anneaux, comme une union de l'homme avec la mer. Le mer si proche, qu'on peut la voir au hasard d'un croisement de lumière. Nous sommes sur des rues posées sur la colline. La mer et le port se voient de partout, pour qui sait abandonner la terre. Chaque famille de cette ville maritime doit posséder son anneau, son bout de port et son frêle esquif. Cette ville sent la mer. Une mer que l'on devine le soir quand il fait nuit, le jour sous le soleil et sans les chants des oiseaux de mer. Des navires plus gros attendent la saison de la grande pêche. Ils sont comme des yachts ou des câbliers modernes. Rutilants, flambants neufs, gros, élégants. La grande flotte des thoniers et des chalutiers se trouve devant mes yeux. Un ferry, normal pour un port à l'histoire tenace et habitué aux mélanges, est en partance. Mélanges des genres et des liquides aux vapeurs enivrantes, que l'on retrouve dans les rues, au niveau de la mer, quand les trottoirs tombent dans les canaux. Chacun peut admirer son pinardier, cette ville en reçoit beaucoup, mais beaucoup moins qu'hier, hélas. Les maisons de pierre et de sable en haut, sur la colline, anciennes demeures des italiens, marins pour la plupart, marins pêcheurs, abritent aujourd'hui des artistes. Sous le cimetière, marin lui aussi et enrobé par les esprits des vieux peintres, des vieux poètes, des vieux anars aux luttes violentes et superbes, les jeunes artistes travaillent. Une filiation maritime évidente pour les yeux éclairés, ajoutant à la beauté habituelle, un peu de gravité, de profondeur et de nonchalance sérieuse. Une ville où chaque famille arme son petit bateau de plaisir, où les maisons des quais cachaient des chais, des tonneaux de vin venus d'à coté et de derrière l'horizon près d'autres villes à colline, ne laisse pas indifférent. Au bout de la rue en descente, le ferry blanc est parti. Lentement, sans nous. Alors, il reste les toiles de ma guide dans lesquelles les navires en deux couleurs simples, se mêlent aux accessoires. L'ensemble grisant les yeux et l'âme. Sur les flancs du Mont Saint Clair, les pensées s'envolent vers la mer. Je n'étais jamais venu à Sète. J'y reviendrai. Bon vent Et pour ceux qui désirent voir le travail de mon guide rendez vous sur :
©2005 - Jérôme Billard (reproduction interdite)
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