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L'errance
en dérive.
Tout un art l'errance, comme
la dérive.
Errance marine. Errance portuaire.
Errance à deux, la pire.
Rêves de mer, de ports, de quais,
de rencontres.
Errance. L'équipage comme des
notes difficiles à poser sur la carte aux cinq parallèles, vit d'harmonies.
Et pourquoi les ports attirent-ils
tant de pensées vers leurs quais? Pourquoi croire que les rencontres
y sont faciles et provisoires?
Pourquoi les ports aspirent les
âmes?
Pourquoi l'amour s'y pratique
sans parole, avec les yeux, la sueur et les cris? Pourquoi?
La musique de la machine, rassurante
comme un coeur au battement régulier, c'est le navire, avec la solitude
du marin veillant en silence, toujours un peu ailleurs.
C'est le bord. Le bord dans la
nuit quand tout est calme prés des étoiles, dans les coursives désertées
aux couleurs improbables et aux portes fermées des cabines secrètes.
Toujours le radar et la carte,
le doux bruit coulant du café brûlant et les autres navires que parfois
on envie, parce qu'ils sont plus beaux et qu'ils vont plus loin.
La musique s'envole et s'approprie
le port, une musique d'images se collant à l'escale, à jamais.
Tout un art l'errance quand on
dérive. La parole est vaine. Alors dérivons en silence.
Tous à bord et en mer, comme toujours
et toute musique dehors.
Bon vent.
Jêrome Billard, le 8 décembre 2007
alauro.billard@orange.fr
©2008 - Jérôme Billard
(reproduction interdite)

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