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From: "Jean-Marie Le Pen" Je suis le seul candidat à la Présidence de la République à avoir un programme Mer et Outre-Mer. Je vous prie de donc de trouver ci-après celui-ci :
LE CONSTAT : LA FRANCE DU LARGE ABANDONNÉE ABANDON D’UNE RICHESSE EXCEPTIONNELLE Depuis 30 ans, les gouvernements succcessifs ont mené à l’égard des départements et des territoires d’outre-mer une politique d’abandon officieuse qui cache mal leur intention de s’en débarrasser de manière définitive : leur désintérêt pour la France du large coïncide avec l’inexistence de toute politique maritime. Le rapporteur spécial du budget de l’outre-mer à l’Assemblée nationale (loi de finances 2000), parle même de "tableau bien sombre". Les atouts de notre pays sont pourtant considérables : que la puissance vienne de la mer est une donnée stratégique constante, de la thalassocratie athénienne d’hier aux États-Unis d’aujourd’hui. Ses possessions d’outre-mer permettent à la France d’être présente dans les trois grands océans de la planète et, par là, d’être partie prenante aux évolutions géo-stratégiques du monde. De plus, ce formidable patrimoine de richesses étonne, autant par sa diversité que par son absence de mise en valeur. Le potentiel qu’offrent les terres de l’outre-mer français, relais possibles d’une expansion culturelle et économique de l’Europe dans le monde (c’est parce que la Guyane est française que la fusée Ariane peut être lancée avec le maximum de chances de succès), est quasiment inexploité. Notre outre-mer représente : - un peu plus de 2 millions de Français ultramarins, - 559.000 km2 d’îles et de terres continentales outre-mer pour 551.000 km2 en métropole, - 10,2 millions de km2 de zone économique exclusive (334.000 km2 pour la métropole), - une répartition de la présence française dans l’Atlantique, l’océan Indien et le Pacifique. Que fait-on de ces atouts extracontinentaux ? En réalité, ballotés entre nos remords "colonialistes" et un euromondialisme qui nous aligne sur les intérêts anglo-saxons, nous n’en faisons rien, d’autant que nous voulons appliquer à l’outre-mer des règles qui ne sont valables que pour l’Europe. Trop absorbés par le quotidien et leurs échéances électorales, nos responsables politiques se révèlent d’autant plus incapables d’élaborer une stratégie globale pour l’outre-mer de la France qu’ils projettent aussi sur lui des fantasmes de nature idéologique. Aucun homme politique de l’Établissement n’a songé à expliquer à nos compatriotes l’enjeu que représente l’outre-mer et par là notre présence au monde (nous sommes l’un des très rares pays à bénéficier de ce privilège). Voilà qui illustre parfaitement le manque d’ambition et, plus encore, le caractère annexe, voire inutile, de notre outre-mer pour beaucoup d’entre eux. Il est significatif que les candidats à la présidence de la République, par exemple, ne se rendent outre-mer qu’à l’occasion de cette campagne électorale. Lorsque la convention internationale sur le droit de la mer (Montego Bay, 1982) a permis aux États riverains des océans de porter à 200 milles nautiques leur "territorialité maritime", elle a offert à la France un atout extraordinaire. Grâce à cette nouvelle frontière de souveraineté, notre pays s’est en effet retrouvé à la tête d’un "empire" marin fabuleux. Quand on sait que l’exploitation des océans et la maîtrise des ressources liquides, continentales et maritimes, constitue déjà aujourd’hui, et plus encore demain, un enjeu stratégique, alors que l’économie mondiale implique toujours plus d’échanges et de transports, comment s’étonner que la "dimension océanique" soit devenue l’enjeu d’une compétition entre les grandes puissances ? Selon certains, dans les prochaines décennies, l’essentiel des ressources économiques nécessaires aux activités du monde proviendra des océans. A un pays comme la France, propriétaire d’un réservoir marin de 10 millions de km2, contenant des matières nutritives, minérales et énergétiques, cette dimension confère le rang de puissance mondiale, même si l’exploitation des richesses à grande profondeur demeure, aujourd’hui encore, du domaine de la virtualité. LE LÂCHAGE ET LE DÉSORDRE Mer et outre-mer représentent potentiel et richesses pour la France : les gouvernements successifs y répondent par le lâchage et le désordre. Il y a, tout d’abord, l’arrêt des tirs nucléaires expérimentaux en Polynésie, confirmé par Jacques Chirac dès son accession à la présidence de la République, qui a fait douter de la volonté de la présence à long terme de la France : pourquoi la France continuerait-elle à conserver ces atolls s’ils ne lui servent à rien se disent des puissances, riveraines ou non, qui sont prêtes à nous y remplacer ! Les départements et territoires d’outre-mer, bien plus encore que la métropole, sont confrontés à "une immigration clandestine endémique", comme le reconnaît le rapport parlementaire précité, particulièrement grave en Guyane (30.000 clandestins pour 160.000 habitants), dans les Antilles, en particulier l’île franco-hollandaise de Saint-Martin, à la Guadeloupe (multiplication de la population étrangère par deux en 4 ans) et qui commence à faire son apparition à la Réunion (immigration venue des Comores). L’application des lois et la répression des crimes et délits semblent absentes de notre outre-mer. La zone Antilles-Guyane présente une situation géographique propice au trafic de drogue : elle est en effet située entre les régions de production (Amérique centrale et du sud) et les régions de consommation (Amérique du nord et Europe). Le trafic de "crack" connaît une progression exponentielle dans les départements français d’Amérique, particulièrement en Martinique où ont été réalisés 92% des saisies de l’année 1999 et où les vols à main armée et les vols avec violence qui y sont liés, ont augmenté de 31%. La lutte contre le blanchiment d’argent marque le pas, notamment en raison de la présence des îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, qui, soumises à régime particulier, permettent toutes sortes de trafics financiers liés à la drogue. Ces atteintes à la souveraineté et à la sûreté intérieure sont d’autant plus facilitées que les "évolutions institutionnelles" autorisent à penser que la France se désengage en douceur, mais de manière continue et inéluctable. Les nouveaux accords de Nouméa (mai 1998) ont définitivement entériné l’indépendance à terme de l’archipel, tout en instituant une "préférence locale" que l’on refuse en métropole, mais qui revient à empêcher les Français de travailler en Nouvelle-Calédonie ! Pour obtenir la signature de cet accord par le FLNKS, l’État français a accepté de financer un projet très aléatoire, compte tenu de la surcapacité chronique du marché mondial, d’usine de transformation du minerai de nickel, et très coûteux pour les finances publiques (5 à 6 milliards de F.). L’État français en a confié la réalisation et l’exploitation à la société canadienne Falconbridge... qui a acquis la mine correspondante à un bon prix au terme d’un échange de sites organisé par l’État (ERAMET/SLN) avec la province du sud, le tout par l’intermédiaire d’une société de droit anglo-normand basée à Jersey, paradis fiscal ! Comme le relève un rapport parlementaire, cette opération préjudiciable aux finances publiques, va surtout augmenter les réserves d’une multinationale minière en lui permettant de spéculer à sa guise sur les marchés des matières premières. La bi-départementalisation de la Réunion conforte les potentats locaux, aggrave le gaspillage de fonds publics et la corruption. A Mayotte, le gouvernement français a renoncé à un statut départemental demandé par la population ; il a d’abord répondu par le silence au soulèvement de l’île d’Anjouan toute proche demandant son rattachement à la France puis a confié la résolution de cette crise à l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine), qui s’est empressée de soutenir les prétentions du gouvernement des Comores. Le gouvernement français fait aussi pression, à Wallis-et-Futuna, sur les chefferies traditionnelles pour qu’elles acceptent un relâchement des liens avec la France. L’EFFONDREMENT ÉCONOMIQUE, CAUSE PAR "L’EUROPE" DE BRUXELLES La très grave crise économique qui touche tous les territoires d’outre-mer est le résultat d’une politique de capitulation. L’intégration des territoires ultra-marins français dans le traité de Rome était déjà difficile, compte tenu des différences structurelles existant entre l’outre-mer français et nos principaux concurrents européens. Cette "intégration" aurait néanmoins pu réussir si l’Europe avait appliqué strictement la préférence communautaire, d’autant plus impérieuse à l’égard de nos DOM-TOM que nous sommes, d’une part, le seul pays de l’Union européenne à avoir ce type de territoires et que d’autre part, souvent mono-producteurs de produits agricoles de base, ils ont pour seul débouché commercial l’Europe, puisque les États-Unis tiennent le reste des marchés mondiaux (trusts Del Monte, United Fruit...). Le libre-échangisme effréné de l’Union européenne a détruit le fragile équilibre qui existait dans ces territoires, le tourisme ne pouvant être la seule ressource propre à permettre un développement économique local sain. La banane antillaise ou l’ylang-ylang de Mayotte sont les témoins exemplaires de cette évolution. La mondialisation du marché des produits de base ou agricoles comme les coûts de main d’œuvre dans notre outre-mer qui, bien qu’inférieurs à ceux de la métropole, sont très supérieurs à ceux des pays qui les entourent, accélèrent la destructuration économique de ces territoires français. En réalité, le traité de Maastricht le traité d’Amsterdam n’a fait que le confirmer a implicitement liquidé la spécificité ultra-marine de la France, dans l’attente du largage complet : la France étant le seul pays de l’Union européenne à posséder des territoires ultra-marins, la chose est d’autant plus facile qu’elle n’a pas su (... ou pas voulu) en valoriser l’atout auprès de ses partenaires. Comme en métropole, mais de manière encore plus grave, cela se traduit en termes de chômage pour nos compatriotes d’outre-mer. Comme le relève l’INSEE : - 35,7% de la population active de la Réunion est sans emploi, - 28,8% de la population active de la Guadeloupe est sans emploi, - 30,3% de la population active de la Martinique est sans emploi, - 21,4% de la population active de la Guyane est sans emploi, alors que le chômage ne touche, officiellement, que 10% environ de la population active métropolitaine. On sait aussi que le nombre de RMIstes est proportionnellement plus important outre-mer qu’en Métropole : 118.000 sur 1.112.000 foyers allocataires. L’application, sans discernement ni mesure d’adaptation spécifique, de la décentralisation Defferre (1982) a engendré un clientélisme qui exploite la pénurie, débouchant sur une corruption généralisée et la formation de maffias, les élus locaux étant de plus en plus souvent impliqués dans des affaires de corruption et de trafics d’influence (Réunion, Guadeloupe, Guyane). En Martinique, en Guyane, en Guadeloupe, à la Réunion, les collectivités locales (région ou départements, communes) sont dans une situation financière des plus dégradées (endettement double de la moyenne nationale). Le budget de la Guadeloupe est sous tutelle depuis 1996. A la dérive des dépenses courantes, notamment de personnel, s’ajoute une augmentation incontrôlée des investissements, alors même que depuis 1993, les recettes ont été multipliées : passage de 1 à 2,5% du droit additionnel à l’octroi de mer, taxe spéciale sur les carburants et taxe d’embarquement. Les mécanismes de défiscalisation (3 milliards de F par an) ont profité à des investisseurs métropolitains ou étrangers et ont entraîné un suréquipement touristique et immobilier difficilement résorbable. Cela n’a pas empêché le gouvernement Jospin d’augmenter de manière très spectaculaire (multiplication des crédits par quatre pour Martinique et Guadeloupe et par dix pour la Guyane), les contrats de plan État-régions d’outre-mer (2000-2006). Submersion démographique, valse-hésitation institutionnelle faisant douter de la présence française, effondrement économique, conflits sociaux violents et quasi-permanents (plus 40% de journées de travail perdues d’une année sur l’autre à la Guadeloupe), action des lobbies et ingérences étrangères, perte de la sécurité, mèneront en fin de compte l’esprit public dans l’outre-mer là où on veut le voir aboutir : à revendiquer "l’indépendance". L’outre-mer est inséparable de la mer, on le sait. Sur ce plan, c’est aussi l’abandon. Ce désintérêt volontaire a eu pour conséquence indirecte une catastrophe maritime comme celle causée par le naufrage de l’Erika qui a souillé les côtes atlantiques françaises à la fin de l’année 1999. La France ne s’est ni donnée les moyens de surveiller le "rail" d’Ouessant, ni dotée d’une flotte nationale de transport d’hydrocarbures : il est vrai que les profits d’ELF ont été utilisés à de toutes autres fins que la sécurité de l’approvisionnement énergétique de la France ! La flotte française de commerce est au 27e rang mondial (!) avec 209 bateaux, tandis que la flotte de pêche, dont la "casse" est encouragée par "l’Europe bleue", poursuit sa chute : 5 900 bateaux au 31 décembre 1999 contre 8 651 fin 1990. Nous avions près de 20 000 marins-pêcheurs en 1990, un peu plus de 16 600 en 1999. La situation des ports français, selon un aveu officiel, est très menacée : une part d’autant plus importante de nos échanges extérieurs est acheminée par des ports étrangers car depuis l’abolition des contrôles aux frontières, "il n’existe plus d’indicateur parfaitement fiable pour mesurer les parts de marchés prises par les ports étrangers sur le commerce extérieur français". Ainsi, le port de Rotterdam enregistre-t-il à lui seul un trafic annuel équivalant à celui de l’ensemble des ports français (314 millions de tonnes). LES PRINCIPES : LA FRANCE, PUISSANCE MARITIME ET D’OUTRE-MER Seul pays du monde occidental _États-Unis exceptés_ à posséder des terres de souveraineté dans les trois grands océans du monde, la France dispose d’un capital géo-stratégique exceptionnel grâce à son outre-mer comme avec sa zone économique exclusive : elle doit les mettre en valeur. Quatre défis doivent être relevés. LE DÉFI DE LA SOUVERAINETÉ L’outre-mer français donne à la France une dimension planétaire en la faisant bénéficier du troisième domaine maritime mondial. La France doit affirmer haut et fort, dans les instances internationales, sa souveraineté sur les terres françaises de l’océan Atlantique, des Caraïbes, de l’océan Indien, de l’océan Pacifique ainsi que sur les îles australes. La France doit s’opposer à toute politique qui vise à remettre en cause ses intérêts nationaux et l’influence de sa civilisation dans des continents où elle est présente, parfois depuis des siècles. LE DÉFI DE LA PUISSANCE MARITIME L’outre-mer offre des relais océaniques permettant de contrôler les routes maritimes vitales pour l’approvisionnement de la France, mais aussi les richesses potentiellement exploitables des fonds marins. Il permet à la France d’être présente sur tous les océans et sur tous les continents, pour y faire valoir ses intérêts et protéger ses nationaux mais, plus encore, pour y être porteuse d’une civilisation qui n’est pas exclusivement marchande comme peut l’être la présence anglo-saxonne. Les possessions d’outre-mer sont pour la France la condition de sa perennité comme puissance et la garantie de la fidélité à sa vocation de toujours. C’est la raison pour laquelle la France doit disposer d’une marine nationale puissante et moderne, disposant des moyens d’une présence permanente à la mer et de capacités d’intervention suffisantes. LE DÉFI DE L’ORDRE PUBLIC L’autorité de l’État doit être restaurée et respectée sur l’ensemble du territoire national, dont les départements et territoires d’outre-mer font indissolublement partie. La décentralisation doit être revue outre-mer pour réaffirmer le primat du représentant de l’État, le nombre des échelons administratifs doit être réduit et les finances locales assainies et maîtrisées. L’immigration clandestine, les trafics de drogue et le blanchiment d’argent sale, la corruption doivent être, comme en métropole, exemplairement frappés, à la fois pour trancher avec le laxisme des États proches et pour ôter tout argument à l’indépendantisme. LE DÉFI DE LA PROSPÉRITE Le libre-échangisme fait souffrir l’économie métropolitaine, celle de l’outre-mer en meurt. Il est urgent de proclamer et d’appliquer la préférence française en matières familiale, sociale, économique et d’échanges avec la métropole et de protéger le marché national des importations qui mettent en péril nos productions d’outre-mer. La continuité territoriale avec la Métropole sera réellement mise en œuvre. LES PROPOSITIONS : RAYONNER DANS LE MONDE DÉFENDRE LE DOMAINE MARITIME FRANÇAIS 1.Donner à la Marine nationale une forte capacité _d’intervention La multiplication des crises locales redonne toute son importance à l’outil maritime, quelque peu délaissé lors de la guerre froide. La France doit donc disposer d’au moins deux porte-avions à propulsion nucléaire, noyau d’une force maritime d’intervention significative, avec son aviation embarquée et les navires de débarquement et de soutien correspondants. 2. Créer un corps de garde-côtes et renforcer la protection de nos côtes La France n’a pas actuellement les moyens de faire parfaitement respecter sa souveraineté le long de ses côtes et les règles maritimes internationales en Manche, au large de la Bretagne ou le long de ses côtes méditerranéennes, comme l’a prouvé l’échouage volontaire, devant Saint-Tropez, d’un cargo chargé d’immigrants kurdes clandestins en février 2001. La France renforcera donc ses moyens maritimes de souveraineté ainsi que les personnels chargés de vérifier le bon État des navires entrant ou sortant de ses ports. Elle prendra toute mesure destinée à parer à un danger éventuel de pollution maritime, s’il le faut de manière unilatérale. 3. Lancer un grand plan de développement maritime et portuaire Une politique systématique de soutien du pavillon français sera entreprise, la gestion des investissements et des installations portuaires étant confiée aux professions concernées. Des plans par bassin portuaire coordonneront toutes les activités de mer, militaire et de service public, douanes et souveraineté, commerce, pêche et aquaculture, navigation fluviale et canaux à grand gabarit. Ces activités seront regroupées sous une autorité ministérielle unique (au lieu de quatre actuellement). Les navires de commerce battant pavillon français bénéficieront d’une très large défiscalisation et les charges sociales sur les gens de mer seront réduites. 4. Doter la France d’une flotte autonome de pétroliers La France, 6e importateur mondial de pétrole et dont le brut vient pour 60% de pays situés hors d’Europe, ne dispose pas d’une flotte nationale de transport d’hydrocarbures. Sur sa flotte actuelle plus que réduite , les pétroliers sont les parents pauvres et les plus anciens en âge. Une flotte française de transport des hydrocarbures, correctement entretenue et remplacée à intervalle régulier, aura pour avantage de diminuer le risque de pollution et de donner à notre pays plus de poids pour faire appliquer des réglementations draconiennes en matière de sécurité des navires le long de ses côtes. 5. Promouvoir la pêche La pêche, secteur vital pour notre auto-suffisance alimentaire, a été sacrifiée à "l’Europe bleue". Il est donc nécessaire de redonner à la pêche française tous ses moyens, de défendre nos droits de pêche, c’est-à-dire de recréer les conditions d’existence d’une pêche nationale débarrassée des directives de Bruxelles. Des crédits bonifiés à long terme pour l’achat ou la construction de bateaux seront proposés aux pêcheurs artisanaux, en vue de maintenir le plein emploi et d’améliorer notre capacité de prise. Les acquisitions ou rachat de flottes de pêche françaises par des pêcheries étrangères seront interdites. Le patrimoine naturel et les réserves de pêche de notre mer territoriale seront protégés des chalutages excessifs que pratiquent les pêcheurs de certains pays. Les périodes annuelles de pêche seront modulées, sous la responsabilité de la profession, pour permettre la reconstitution de la ressource. Enfin, la fiscalité relative à la pêche sera révisée de manière à revenir au taux moyen en vigueur dans les autres pays européens. Le gazole sera détaxé. ARRIMER L’OUTRE-MER A LA FRANCE 6. Réaffirmer la souveraineté et la sûreté dans l’outre-mer français La souveraineté française sur son outre-mer n’est pas négociable : les processus d’indépendance engagés en Nouvelle-Calédonie comme en Polynésie seront arrêtés, et les accords de Nouméa abrogés. L’autorité de l’État français sera rétablie à Wallis-et-Futuna. La consistance de nos relations diplomatiques avec certaines puissances proches (Australie, Nouvelle-Zélande) dépendra du respect qu’elles marqueront à l’égard de notre intégrité territoriale et de leur non-ingérence dans les affaires intérieures des régions françaises de l’outre-mer. Les régions françaises d’outre-mer, sous l’autorité du représentant de l’État français pourront nouer des ententes régionales avec d’autres entités territoriales proches sur des sujets d’intérêt commun (scientifique, économique, commercial, climatique), à l’exclusion des questions de souveraineté et de police. L’État agira avec la plus grande vigueur contre toutes les formes de criminalité, drogue, piraterie, blanchiment d’argent sale. Le droit français de la nationalité comme les lois sur le séjour seront appliqués aux régions françaises de l’outre-mer et l’immigration clandestine sera refoulée sans faiblesse, avec les moyens nécessaires en personnels et en moyens maritimes et aériens. 7. Donner un cadre institutionnel stable à l’outre-mer français Trois régions décentralisées seront créées, la région française d’Amérique comprenant les Antilles, la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon, la région française de l’océan Indien regroupant la Réunion, Mayotte, les îles Eparses et les Terres antarctiques et australes françaises, la région française de l’océan Pacifique regroupant la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, la Polynésie et l’ilôt Clipperton. Ces régions auront un exécutif unique, nommé par le gouvernement, investi de la totalité des pouvoirs de souveraineté et de sécurité, et une assemblée unique, élue au scrutin proportionnel. Elles seront dotées des attributions des départements et des régions actuelles, ainsi que de certaines compétences locales propres. 8. Appliquer la préférence française outre-mer L’équilibre des devoirs et des droits entre la métropole et les régions françaises d’outre-mer sera assuré par la préférence nationale qui s’applique aux Français de ces régions, en matière familiale, d’emploi, de formation professionnelle, de rémunération et d’allocations sociales. Des facilités seront accordées aux Français de ces régions pour exercer leurs activités professionnelles sur place. Un effort très important sera engagé dans les régions françaises d’outre-mer pour permettre aux jeunes d’accéder à des métiers de haute qualification. 9. Relancer l’économie de l’outre-mer français Cette relance passe, tout d’abord, par la restructuration du secteur agricole qui doit être mis en mesure de développer ses productions traditionnelles à l’exportation et de nouvelles productions pour diminuer les importations, par la valorisation des ressources maritimes, de la pêche artisanale et industrielle, de l’aquaculture et des ressources côtières. Le marché national sera protégé de toute importation de banane non-antillaise. L’organisation et la gestion rationnelle des ressources forestières et minières seront mises en œuvre, tant pour permettre à la France d’atteindre, par exemple en matière de nickel, à l’indépendance d’approvisionnement, voire de peser sur les cours mondiaux, que pour développer un secteur industriel local suffisamment solide. Un inventaire scientifique des ressources des régions françaises d’outre-mer, le développement de la connaissance des phénomènes climatiques et géologiques seront mis en œuvre ou développés. Une université française pluridisciplinaire sera créée dans les Caraïbes. Une fiscalité adaptée, par l’imposition au taux réduit de TVA sur les échanges de biens et de services, y compris venus de métropole, accompagnera la revalorisation économique des régions françaises d’outre-mer. Les collectivités locales verront leurs investissements soumis à autorisation prélable de l’État. 10. Assurer la continuité territoriale des régions françaises d’outre-mer L’équilibre économique et social des régions françaises d’outre-mer passe par l’amélioration de leurs capacités d’échange avec la métropole et le reste du monde : les liaisons aéronautiques avec Paris pour les Français des régions françaises d’outre-mer seront alignées sur celle du régime intérieur de métropole. Il en sera de même du prix des communications téléphoniques. Le transport maritime et aérien sera développé sur place et avec les territoires voisins, au moyen de sociétés mixtes dans lesquelles les collectivités locales pourront s’impliquer. Chaque région française d’outre-mer sera dotée soit d’un port en eau profonde, soit d’un aéroport de dimension internationale. Mail reçu, le 8 mars 2002
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