Queen Mary 2: la décision de la cour d'appel attendue jeudi
RENNES, 1 juil 2009 (AFP) - La cour d'appel de Rennes rendra jeudi sa
décision dans l'affaire de l'effondrement de la passerelle du Queen Mary 2 qui
avait fait seize morts en novembre 2003, les parties civiles misant notamment
sur un arrêt confirmant les condamnations des deux sociétés en cause.
"Nous attendons une confirmation des condamnations des deux sociétés. En
outre, on ne serait pas choqués de quelques condamnations de personnes
physiques", a indiqué mercredi à l'AFP Yves Violette, président de
l'association des victimes.
En première instance en octobre 2007, les huit salariés poursuivis avaient
bénéficié d'une relaxe. Le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire avait
condamné les Chantiers de l'Atlantique et Endel, constructeur de la
passerelle, à une amende de 177.500 euros chacune, et à verser 9,5 millions
d'euros de dommages et intérêts à plus de 100 parties civiles.
Le procès en appel, débuté le 23 mars 2009, a duré deux semaines, et a
donné "plus de moyens pour juger au plus près de la vérité que cela n'avait
été le cas" en correctionnelle, avait alors estimé M. Violette.
L'avocat général a requis contre sept des huit salariés, des Chantiers et
d'Endel, des peines allant de 12 à 30 mois de prison avec sursis, estimant
qu'ils avaient "gravement failli à leurs responsabilités".
Il a également réclamé contre les Chantiers et Endel (filiale de Suez) le
maximum de l'amende prévue par la loi, augmentée d'une contravention
multipliée par le nombre d'infractions relevées (soit 307.500 euros) pour
"blessures et homicides involontaires".
Les experts judiciaires ont à nouveau démontré devant la cour d'appel que
la passerelle n'avait pas été "conçue selon les règles de l'art". Le PDG des
Chantiers au moment de l'accident, Patrick Boissier, avait justifié l'absence
de contrôle de la passerelle fournie par Endel par la confiance en ses
sous-traitants.
Le constructeur de la passerelle s'était arquebouté, quant à lui, sur sa
ligne de défense de toujours: l'ouvrage s'est effondré parce qu'il était
utilisé "en surcharge" par les Chantiers.
L'effondrement de la passerelle, qui reliait au quai le paquebot géant en
cale sèche aux Chantiers, avait entraîné la chute de 45 personnes (visiteurs
et personnels) d'une hauteur de 18 mètres, faisant 16 morts et 29 blessés en
novembre 2003.
(Copyright AFP)