Le Chili s'offusque d'une carte IGN sur sa frontière maritime avec le Pérou
SANTIAGO, 14 oct 2009 (AFP) - Le Chili s'est offusqué mercredi d'une carte de l'Institut géographique national (IGN) français, qui reproduit, pour sa frontière maritime avec le Pérou, un tracé inexistant mais en plein coeur d'un différend entre les deux pays à la Cour internationale de Justice.
Jose Antonio Viera-Gallo, ministre chilien à la Présidence, a déclaré à la presse que l'ambassadrice du Chili à Paris, Pilar Armanet, avait sollicité la chancellerie française en vue d'"une explication" et au besoin une "rectification" de la carte, publiée mercredi par le quotidien péruvien El Comercio.
La carte "touristique" IGN, dont El Comercio ne précise pas la référence, montre la frontière maritime que le Pérou souhaiterait voir avalisée par la CIJ de La Haye, qu'il a saisie en 2008.
Il s'agit d'une ligne sud-ouest, une diagonale par rapport à la fontière actuelle réelle, parallèle au 18e Parallèle Sud à partir de la côte.
Quelque 60.000 kilomètres carrés d'eaux très poissoneuses sont en jeu dans ce dossier, qui est aussi une question d'orgueil national, vieux legs de la guerre Pérou-Chili de 1879-83.
Selon le Chili, la question de cette zone a été réglée par des accords de pêche datant de 1952-54, établissant une "présence maritime" du Chili. Mais, plaide Lima, il ne s'agit en aucun cas d'une souveraineté définitive, laquelle devrait être fixée à la lumière de la Convention de l'ONU sur la Mer (1982).
La carte française est purement touristique, et "n'a aucune influence sur le cour le processus en cours" à la CIJ, a souligné mercredi M. Viera-Gallo.
Néanmoins, l'ambassadrice du Chili à Paris, à la demande de Santiago, "a demandé audience afin de transmettre la demande du Chili pour que cette carte, si elle est réellement celle publiée par El Comercio, soit rectifiée, car elle ne correspond ni à la réalité historique ni à celle juridique", a-t-il ajouté.
Le nouvel épisode de ce différend intervient alors que le ministre chilien des Affaires étrangères Mariano Fernandez, se trouve précisément à Paris, pour faire un point avec l'équipe de conseillers et d'avocats, dont plusieurs français, défendant le dossier chilien à la Cour de la Haye.
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