Pêcheurs, poissonniers, restaurateurs, en première ligne pour sauver la
PARIS, 1 fév 2010 (AFP) - Pêcheurs, poissonniers, restaurateurs: c'est d'eux avant tout que dépend la survie des poissons et des océans, plus que des consommateurs qui n'ont pas toujours le temps de s'informer, estime l'Alliance des produits de la mer qui organise jusqu'à mardi à Paris un sommet à ce sujet.
"Si on fait une campagne pour dire +Ne mangez pas de thon rouge+, 3% des consommateurs vont suivre cette recommandation. Si un président dit +Ne mangez pas de thon rouge+, il a à sa disposition toutes les ressources de l'Etat (administration, douanes, etc.) pour faire appliquer cette mesure", explique à l'AFP le Pr Daniel Pauly, universitaire canadien, spécialiste de la pêche et de la biodiversité, en marge du Seafood Summit.
A l'origine de ce congrès international regroupant plus de 600 professionnels de la pêche, utilisateurs de produits de la mer et associations environnementales, l'Alliance des produits de la Mer est un programme lancé par l'ONG internationale Seaweb.
L'un des objectifs est d'aider "les professionnels à prendre conscience du rôle qu'ils jouent auprès du grand public", explique Elisabeth Vallet, directrice Europe de l'Alliance.
"Ce sont aux professionnels de faire les choix", insiste-t-elle, citant les pêcheurs, mais aussi les restaurateurs, les poissonniers, les acheteurs de la grande distribution ou de la restauration collective.
Certains restaurateurs parmi les plus emblématiques, dont récemment le réseau Relais et Châteaux, se sont récemment engagés à bannir de leurs cartes le thon rouge et d'autres espèces de poisson menacées par la surpêche.
"Nous les cuisiniers, on a fait des dégâts. Parce que les gens achètent en poissonnerie ce qu'ils ont mangé au restaurant. Ma logique est de proposer d'autres poissons, moins menacés, pour influencer la consommation", expliquait à l'automne à l'AFP le chef breton Gaël Orieux, du restaurant Auguste à
Paris. La promotion de la pêche durable au rayon poisson des grandes
surfaces : "on en est au stade des intentions", reconnaît un acheteur de la grande distribution. "Mais il reste beaucoup de travail à faire", ajoute-t-il.
Spécialiste de l'achat de poisson frais pêché en mer, il estime que "moins de 5%" des produits qu'on lui propose sont certifiés +issus de la pêche durable+.
La proportion est plus forte quand il s'agit de surgelés ou de poisson d'élevage, admet-il.
Leader dans le secteur des surgelés, Findus, principal sponsor du congrès, ne propose plus depuis 2007 que des poissons venant d'une méthode de production ou de pêche durable et respectueuse de l'environnement.
"Il nous a fallu plus de 5 ans pour mettre en place un nouveau système d'approvisionnement, et presque 10 ans avant de communiquer dessus auprès du grand public", explique Mathieu Lambeaux, directeur général du groupe Findus.
"Les bonnes idées attirent", ajoute-t-il expliquant qu'il y a quelques années, il y avait 40 personnes à un tel congrès, aujourd'hui il y en a plus de 600.
Son souhait : "que d'ici trois ans, les consommateurs connaissent l'écolabel MSC", (Marine Stewardship Council - conseil de bonne gestion marine), la référence en matière de pêche durable.
(Copyright AFP)