13 août 2007
L'attente
Retour au Haven Muséum familier en attente de l’embarquement
différé d’un jour… Et la chambre a pris de l’altitude,
14 étages au dessus du quai, vue imprenable sur les ponts
des bateaux.
Une errance Lente
Le long des coques
Les pieds dans les amarres
Carnet en main
S’impose
Les yeux et le cœur
Ouverts
Ou bleus …
Le choix du carnet n’avait pas été une tâche facile.
Contre toute attente mon carnet maritime semblait évident.
Le carnet c’est savoir se passer de tout, se contenter
de rien pour dire l’essentiel…le carnet c’est aussi une
drogue, jamais on ne s’en sépare, non.. …Les outils étaient
là, médiocrement alignés sur la grande table de l’atelier
en attente, comme les instruments du chirurgien sur le
champ opératoire.
J’y étais
Déjà
Je glissai dans la besace la 48 godets aquarelles incontournable..
Et pour ne pas me sentir amputée à bord j’ajoutai 4 pigments
d’une gamme fétiche et du liant maison sans lequel les
fines poudres seraient inutilisables, une coquille Saint
Jacques comme palette, de l’encre de chine bien noire,
du brou de noix, des plumes, de simples stylos, 2 crayons
graphite, 1 crayon carbone gras,1 mine de plomb, 1 crayon
de menuisier, quelques pinceaux nerveux plus 1 spalter
pour les fonds la mer et le ciel, les 3 crayons et le
porte mine, 1 mie de pain, 1 tube de blanc, 2 cahiers
(le vomitoire et les listes de mots), des adhésifs, le
cutter, du papier de soie, du papier toilé, de la ficelle,
et surtout des fragments de cartes marines soigneusement
déchirées…de la musique et de quoi prendre sons et images..
A cela je rajoutai la carte SHOM 7312P, la règle de Cras
et le compas de Jérôme, cadeaux salés de mon complice
et ami avec la ferme intention de me servir des instruments..
La besace prête et donc l’esprit tranquille, je jetai
quelques fringues au fond du sac et surtout ma première
veste de pont ou veste de quart comme on dit dans le jargon
des « voileux » (chic le terme veste de pont!!) !
Elle est bleue et je l’aime… …
Alors à même le sol sur le quai Leuvehaven 73-74 en attendant
l’ouverture d’El Faro Andaluz que mes racines andalouses
ont reconnu, il sera bien difficile de croquer ces petits
remorqueurs à vapeur.
Une pensée pour l’ami Jacques Carney, rendez-vous à Brest
au printemps..
Le ciel capricieux aura le dernier mot et le dessin sera
achevé plus tard.
Demain je navigue..
A bord : L'Or du soir sur Le rivage des Syrtes
Un homme à la mer qui connaît des Iles Lointaines
Maxence au désert, dans Nos mers et nos océans
Les fleurs du mal et Passions tristes
La houle à l'unisson des suites de Bach… VN
« La maison du bord de mer s’endort
dans un silence rare ; Les billets pour le ferry se trouvent
sur la table de famille. C’est pour demain, ils le savent
bien. Demain on navigue, comme ils disent. Oui, demain
on navigue. » JB
Vivi Navarro