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Escapade en Métropole Océane
Pour la troisième fois, j’avais élu domicile
rue de Siam…Une journée, une toute petite journée pour travailler,
je ne suis pas là pour tricoter !
Pour me tenir tranquille il faudrait que
la mer et les ports soient loin, très loin….et encore… Le
grand soleil matinal m’offrait alors de belles perspectives
de travail sur le motif, si possible dans la zone portuaire.
Je désenchante rapidement. Je suis à Brest,
le bout du monde. Depuis la fenêtre de la chambre d’hôtel
des nuages noirs dans leur course folle et rapide assombrissent
très rapidement le bleu matinal de l’espoir, mais c’est
tellement beau !
Des grains violents essaient de me dissuader
d’aller travailler en extérieur.
En préparant la feuille du carnet, j’écoute
la Radio de la Mer trouvée au hasard de la zappeuse. L’Iroise
est toute proche, ses sentinelles verticales restent debout
sans défaillir…Les nouvelles de la mer et des marins m’invitent
au voyage…
Un Chevalier m’escorte dans le port de commerce,
terrain de jeux où j’ai déjà quelques marques. Un gazier
énorme au bassin m’impressionne…
Quelques prises de vues à l’arrache et mon
Chevalier me dépose Quai de la Douane. Une errance heureuse
et solitaire me fera écrire, beaucoup. Dessiner, peu.
La Recouvrance est à son poste mais il est
impossible de travailler. Un vent sud ouest force 6 à 7
Beaufort m’invite à me réfugier au bar de la Presqu’Ile.
J’aime cet endroit fait de bois et d’embruns,
j’’y ai des souvenirs. Je croquerai le dessin de la jolie
Goélette d’après un dépliant trouvé à l’hôtel…
Tard le soir, le Chevalier et ses pirates
venus des quatre coins du monde finiront échoués, réduits
à manger dans les viviers d’un langoustier, de l’Irlande
à la rue de Siam, en passant par la Mauritanie.
En quittant Brest, j’aurai les yeux humides
et rivés sur le port de commerce dont la vue est imprenable
en TGV.
Je me consolerai en atelier devant la Recouvrance
et les encres, avec le souvenir ancré d’un accueil à chaque
fois aussi chaleureux que maritime.
Merci les pirates !
VN
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